Hommage national à N’Faly Sangaré : le Ministre Ismaël NABE célèbre la mémoire d’un « bâtisseur de l’État »

Conakry, le 9 janvier 2026 – C’est dans une atmosphère de profond recueillement que la Guinée a dit adieu, ce vendredi, à une personnalité emblématique de son administration. N’Faly Sangaré nous a quittés à 92 ans, laissant derrière lui l’image indélébile d’une existence entièrement consacrée à la République et au bien commun.

Lors de la levée de son corps à la morgue de l’hôpital national Donka, l’émotion était à son comble. On pouvait lire la peine sur tous les visages : ceux de sa famille, de ses proches, mais aussi d’une assemblée de dignitaires venus lui rendre un dernier hommage.

Plusieurs personnalités ont tenu à s’exprimer, parmi lesquelles le Ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël NABE, le Gouverneur de la Banque centrale, Dr Karamo KABA, l’Administrateur général d’Afriland First Bank, M. Fondjo (fils adoptif du regretté), M. Sory Sangaré, porte-parole des enfants, et M. Moussa Diakité, qui a exprimé la gratitude de la famille.

L’incarnation de la rigueur et de l’excellence

Dans son oraison funèbre, empreinte de reconnaissance et d’un devoir de mémoire, le Ministre du Plan et de la Coopération Internationale, Ismaël NABE, a brossé le portrait d’un homme d’État au parcours exceptionnel. Son œuvre, qui s’étend sur plus de six décennies, se mêle intimement à l’histoire de la Guinée indépendante.

« Tonton N’Faly » Sangaré était de cette élite pionnière qui, au lendemain de l’indépendance, a eu la lourde tâche de bâtir l’architecture institutionnelle du pays, souvent dans des contextes difficiles. Son impressionnant parcours, rappelé durant la cérémonie, sonne comme une véritable épopée administrative : premier administrateur guinéen auprès du Fonds Monétaire International (FMI), ancien Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et premier Ambassadeur de la Guinée en Belgique, autant de postes où il a œuvré pour le rayonnement international, la stabilité monétaire et la diplomatie guinéenne.

Pour le Ministre Ismaël NABE, N’Faly Sangaré a toujours incarné, dans chacune de ces fonctions, la « rigueur » et la « crédibilité » de l’État guinéen sur la scène internationale.

1977 : L’acte de justice pour les anciens combattants

L’un des moments marquants de sa carrière, que le Ministre Ismaël NABE a tenu à souligner avec insistance, fut son rôle crucial dans le règlement du contentieux financier franco-guinéen, dont l’accord fut signé à Paris le 26 janvier 1977.

Alors que la tension mémorielle était encore palpable, il a réussi à obtenir le versement des pensions dues à près de 25 000 anciens combattants guinéens de la Seconde Guerre mondiale. Plus qu’un simple accord financier, ce pacte représentait, selon les termes du Ministre, « la réparation d’une injustice longtemps subie » et un geste de « dignité » pour des milliers de familles.

« Tonton N’Faly » : Un mentor pour la nouvelle génération

Au-delà de l’image de l’économiste rigoureux, le Ministre Ismaël NABE a mis en lumière l’homme de cœur, affectueusement surnommé « Tonton N’Faly » par ses collègues et les jeunes générations qu’il a encadrées. M. NABE a d’ailleurs évoqué la relation quasi filiale qu’il entretenait avec le regretté, soulignant les conseils empreints de sagesse qui constituent, selon lui, un « héritage moral précieux ».

Un pont entre le passé et l’avenir (Simandou 2040)

Le Ministre Ismaël NABE a souligné l’importance de cet héritage pour les défis actuels. Alors que la Guinée se lance dans le Programme Simandou 2040, les valeurs prônées par N’Faly Sangaré – la discipline institutionnelle et la primauté de l’intérêt national – sont considérées comme le fondement essentiel pour mener à bien cette nouvelle étape de l’histoire guinéenne. « Servir l’État est un honneur, mais aussi une responsabilité qui transcende les générations », a martelé M. Ismaël NABE, exhortant la jeunesse administrative à s’inspirer de cette « fidélité aux principes ».

Ainsi se tourne une page importante de l’histoire guinéenne. À 92 ans, N’Faly Sangaré s’en est allé, laissant derrière lui la mémoire d’un « bâtisseur de l’État » et d’un « artisan discret de la souveraineté économique ».

La cérémonie s’est conclue dans un profond recueillement, la Nation rendant un ultime hommage à celui qui aura, sa vie durant, incarné une vision exigeante du service public.



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