Guinée : Les enjeux de la refonte gouvernementale expliqués par Bah Oury

Alors que l’opinion publique guinéenne attend avec impatience la liste des nouveaux ministres, le Premier ministre Amadou Oury Bah a tenu à clarifier les motivations derrière le remaniement de la structure gouvernementale. Loin d’être une simple formalité technique, cette réorganisation se veut le moteur d’une mutation profonde de l’appareil étatique.

Une rupture avec l’inertie du passé

Pour le chef du gouvernement, la restructuration actuelle est l’aboutissement d’une évolution sociétale amorcée dès 2019. Il estime que les crises politiques précédentes, dont le changement de régime du 5 septembre 2021, sont la conséquence directe d’une incapacité des anciennes institutions à répondre aux besoins de justice et d’inclusion des citoyens. Bah Oury prône désormais une vision de l’État plus solidaire, capable d’unir les zones rurales et urbaines autour d’un projet de modernité partagé.

En finir avec les « ministères-forteresses »

Le diagnostic posé par le Premier ministre sur le fonctionnement administratif est sans appel :

  • Lenteurs bureaucratiques : Des circuits financiers trop complexes qui font stagner des projets urgents pendant des années.

  • Absence de suivi : Une multiplication de chantiers entamés mais jamais finalisés.

  • Travail en silo : Une fâcheuse tendance des départements ministériels à s’isoler les uns des autres, empêchant toute synergie.

L’objectif de la nouvelle architecture est donc de briser ces barrières pour instaurer une véritable collégialité. En fusionnant certains services et en encourageant la transversalité, le gouvernement espère gagner en réactivité et en efficacité opérationnelle.

La digitalisation comme levier de transparence

Enfin, Amadou Oury Bah place la transformation numérique au sommet de ses priorités. Pour lui, dématérialiser l’administration n’est plus un luxe mais une nécessité absolue pour garantir :

  1. La célérité : Réduire drastiquement les délais de traitement des dossiers.

  2. La traçabilité : Suivre chaque décision pour limiter les pertes d’informations.

  3. La transparence : Assurer un contrôle rigoureux des deniers publics et des processus de décision.

En somme, cette réforme vise à transformer les mentalités et les pratiques pour offrir aux Guinéens un service public plus performant et une gouvernance enfin connectée aux réalités du XXIe siècle.