Conakry, février 2026 – Reconduite le 2 février dernier à la tête du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Madame la Ministre Dre Diaka Sidibé a officiellement repris ses fonctions le mercredi 4 février 2026 au siège de son département à Conakry. Devant les cadres administratifs et les représentants des universités publiques, Madame la Ministre a tracé une feuille de route claire : « Nous connaissons les aspirations de nos enseignants-chercheurs et de nos étudiants. Cette nouvelle mandature sera celle de la concrétisation. »
Figure emblématique de l’administration guinéenne depuis le début de la transition, Dre Diaka Sidibé incarne la continuité des réformes engagées. Docteure en sciences sociales et ancienne magistrate, elle cumule une double expertise technique et managériale rare dans le paysage gouvernemental.
Trois chantiers prioritaires annoncés
Lors de son discours d’installation, Madame la Ministre a décliné trois axes stratégiques pour les mois à venir :
- La refonte des curricula universitaires : alignement des programmes sur les besoins réels du marché de l’emploi guinéen, avec un accent particulier sur les filières minières, agricoles et numériques. « Un diplômé guinéen doit être immédiatement opérationnel dans son domaine », a-t-elle insisté.
- La valorisation de la recherche appliquée : création de fonds dédiés aux projets de recherche en lien avec les défis nationaux (santé tropicale, gestion des ressources hydriques, transformation des matières premières). Des partenariats renforcés avec l’Union européenne et les institutions francophones seront activés dès le premier trimestre.
- L’amélioration des conditions de vie étudiante : réhabilitation accélérée des cités universitaires de Dixinn et de Kindia, avec un objectif de 5 000 nouvelles places d’hébergement d’ici décembre 2026. « L’étudiant ne doit plus choisir entre manger et photocopier ses cours », a déclaré Madame la Ministre avec fermeté.
Un engagement de terrain confirmé
Contrairement à une perception parfois véhiculée, Dre Diaka Sidibé n’est pas une technocrate coupée du terrain. Son passage au ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME (2024-2025) lui a permis de mesurer les attentes des entreprises guinéennes en matière de compétences. « J’ai rencontré plus de 200 entrepreneurs ces derniers mois. Leur message est clair : ils recrutent, mais peinent à trouver des profils adaptés », rappelle-t-elle.
Cette expérience nourrit désormais sa vision de l’enseignement supérieur : une université ouverte sur l’économie réelle, où stages obligatoires, incubateurs d’entreprises étudiantes et chaires industrielles deviendront la norme.
Perspective régionale
Madame la Ministre entend aussi positionner la Guinée comme pôle d’excellence académique en Afrique de l’Ouest francophone. Des discussions sont en cours avec le Sénégal et la Côte d’Ivoire pour mutualiser certaines formations de haut niveau (médecine spécialisée, ingénierie minière).
« Notre ambition n’est pas de former des cerveaux pour l’étranger, mais de créer ici les conditions pour qu’ils s’épanouissent au service du développement guinéen », conclut Madame la Ministre avec conviction.
Avec cette approche pragmatique et ancrée dans les réalités économiques du pays, Dre Diaka Sidibé place l’enseignement supérieur au cœur de la souveraineté intellectuelle et productive de la Guinée.


