Madame la Conseillère Rose Pola Pricemou : « À la Présidence, je pilote la souveraineté technologique de la Guinée »

Conakry, février 2026 – Depuis sa nomination le 5 février 2026 au poste de Conseillère chargée des Nouvelles Technologies et de l’Intelligence Artificielle à la Présidence de la République, Madame la Conseillère Rose Pola Pricemou occupe une position stratégique inédite dans l’architecture gouvernementale guinéenne. « Être à la Présidence ne signifie pas quitter le terrain. Cela signifie agir au plus haut niveau pour briser les silos administratifs et accélérer l’adoption responsable de l’IA dans tous les secteurs », explique-t-elle lors d’un entretien exclusif accordé le 18 février au siège de la Présidence.
Ancienne ministre du MPTEN (2024-2026), Madame la Conseillère conserve une vision opérationnelle tout en bénéficiant désormais d’une autorité transversale lui permettant de coordonner l’action de plusieurs ministères : Éducation, Santé, Agriculture, Mines et Défense. Son bureau, installé au deuxième étage du Palais Sékhoutouréya, fonctionne comme un « hub stratégique » dédié à l’innovation disruptive.
Trois missions prioritaires définies par décret
Le décret présidentiel n°031/2026/PRG/SGG du 5 février fixe clairement ses attributions. Première mission : piloter la mise en œuvre effective de la Feuille de Route Nationale IA 2025-2035 validée en décembre dernier. « Un document stratégique sans suivi opérationnel est un vœu pieux. Mon rôle est de transformer chaque engagement en projet concret, avec indicateurs et calendriers », précise Madame la Conseillère.
Deuxième mission : conseiller directement le Chef de l’État sur les enjeux de cybersécurité nationale et de souveraineté numérique. Dans un contexte géopolitique tendu, cette fonction prend une dimension stratégique majeure. Madame la Conseillère préside désormais le Comité National de Cybersécurité, réunissant services de renseignement, opérateurs télécoms et experts indépendants pour anticiper les menaces numériques contre les infrastructures critiques (énergie, finance, santé).
Troisième mission : représenter la Guinée dans les instances internationales dédiées à la gouvernance de l’IA. Après avoir porté le dossier guinéen au Transform Africa Summit de novembre 2025, Madame la Conseillère sera la voix du pays au Forum Mondial de l’IA à Paris (juin 2026) et au Sommet Afrique-Union Européenne sur la Tech à Bruxelles (septembre 2026). « L’Afrique ne doit pas subir les standards technologiques imposés par d’autres continents. Nous devons co-construire les règles de l’IA éthique », affirme-t-elle avec détermination.
Un rôle de catalyseur interministériel
Concrètement, Madame la Conseillère anime depuis le 10 février des « ateliers IA sectoriels » mensuels réunissant les ministres concernés. Le premier atelier (Santé) a abouti à l’engagement de déployer l’application IA-Santé dans 50 centres médicaux ruraux d’ici juin 2026. Le second (Agriculture) a validé le financement de 200 drones multispectraux pour la surveillance des cultures vivrières. « Mon bureau ne remplace pas les ministères. Il les connecte pour éviter les doublons et amplifier l’impact », souligne-t-elle.
Formation des talents de demain
Madame la Conseillère a également lancé le programme « IA Citoyenne » : formation gratuite en ligne ouverte à tous les Guinéens via une plateforme dédiée (ia.gouv.gn), avec modules progressifs du niveau débutant à expert. Objectif : former 100 000 citoyens aux bases de l’IA d’ici 2028. « La souveraineté technologique commence par l’éducation. Un pays qui ne forme pas ses propres ingénieurs IA restera dépendant », rappelle-t-elle.
Éthique et inclusion au cœur de l’action
Consciente des risques de biais algorithmiques, Madame la Conseillère a institué un « Comité d’Éthique de l’IA » composé de juristes, philosophes, sociologues et représentants des communautés locales. Ce comité examinera chaque projet public utilisant l’IA avant son déploiement. « Une technologie qui exclut ou discrimine n’est pas innovante. Elle est dangereuse », martèle-t-elle.
Avec cette fonction transversale et stratégique, Madame la Conseillère Rose Pola Pricemou incarne désormais le fer de lance de la transformation numérique guinéenne — non plus comme exécutante sectorielle, mais comme architecte de la souveraineté technologique nationale.