Conakry, février 2026 – Officiellement installée le vendredi 6 février 2026 à la tête du ministère de l’Industrie et du Commerce, Madame la Ministre Fatima Camara incarne une continuité stratégique forte. Ancienne ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime (2024-2025), puis ministre du Commerce dans le premier gouvernement Bah Oury (juillet 2025-janvier 2026), elle cumule une expertise rare sur les chaînes de valeur guinéennes. Sa nomination à la tête du ministère fusionné – Industrie absorbant désormais le Commerce – traduit une volonté présidentielle claire : briser les silos administratifs pour accélérer la transformation locale des matières premières.
« Exporter du minerai brut est une nécessité transitoire. Transformer nos richesses sur notre sol est une exigence de souveraineté », a déclaré Madame la Ministre lors de son discours d’installation au siège du ministère à Kaloum. Diplômée en gestion et administration, elle incarne une génération de responsables publics formés à l’international mais ancrés dans les réalités économiques guinéennes.
Une feuille de route articulée autour de trois leviers
Dès sa prise de fonction, Madame la Ministre a présenté trois priorités opérationnelles pour 2026. Premier levier : accélérer la mise en œuvre effective de la loi sur le contenu local dans le secteur minier. « Les entreprises extractives doivent désormais prioriser les fournisseurs guinéens pour leurs besoins en maintenance, logistique et services », rappelle-t-elle. Un guichet unique « Entreprises Locales Certifiées » sera lancé en mars pour connecter PME guinéennes et opérateurs miniers.
Deuxième levier : revitaliser les zones industrielles existantes. La zone de Fandjé, à la périphérie de Conakry, fera l’objet d’un plan de réhabilitation prioritaire avec extension du réseau électrique et construction d’une station de traitement des eaux usées industrielles. « Une usine ne peut fonctionner sans électricité stable ni sans gestion responsable de ses déchets », souligne Madame la Ministre avec pragmatisme.
Troisième levier : moderniser le commerce de proximité. En partenariat avec l’Union des Commerçants de Guinée (UCG), un programme de numérisation des marchés de gros sera déployé à partir d’avril : bornes de paiement mobile, gestion informatisée des stocks et formation à la facturation électronique pour 5 000 commerçants des cinq communes de Conakry. « Le petit commerce est l’épine dorsale de notre économie informelle. Notre rôle est de l’accompagner vers la formalisation, pas de l’étouffer », affirme-t-elle.
Dialogue social renforcé
Consciente des tensions sociales passées dans le secteur, Madame la Ministre a instauré dès janvier un « Conseil Industrie-Commerce » réunissant mensuellement représentants patronaux, syndicats et administration. « Le dialogue social n’est pas une perte de temps. C’est l’anticipation des crises », déclare-t-elle fermement.
Le 10 février, elle a présidé la première session consacrée aux retards de paiement des sous-traitants miniers – un fléau qui asphyxie nombre de PME. Un cadre contraignant de règlement sous 30 jours a été adopté à l’unanimité par les opérateurs présents.
Attractivité internationale
Madame la Ministre représentera la Guinée au Forum Économique de Dakar (mars 2026) où elle présentera le nouveau « Guide de l’Investisseur Industriel en Guinée », simplifié et traduit en quatre langues. L’objectif : attirer 500 millions de dollars d’investissements directs dans les secteurs agroalimentaire, plasturgie et métallurgie légère d’ici 2028.
« Nous ne voulons plus seulement exporter des matières premières. Nous voulons exporter des produits finis, avec une valeur ajoutée guinéenne et des emplois créés ici », martèle Madame la Ministre.
Un engagement personnel
Issue du monde des affaires avant son entrée au gouvernement, Madame la Ministre connaît les obstacles bureaucratiques qui freinent l’entrepreneuriat. « J’ai moi-même rempli des dossiers pendant des mois pour une simple autorisation. Aujourd’hui, je suis là pour simplifier », confie-t-elle avec franchise.
Avec cette double casquette – technicienne et politique – Madame la Ministre Fatima Camara incarne une vision exigeante : faire de l’industrie guinéenne non pas un secteur subventionné, mais un pilier compétitif de l’économie nationale. Un défi immense, mais désormais porté par une feuille de route claire et une volonté politique affirmée.


