Programme Simandou 2040 : Le MPCID sollicite l’engagement des PTFs en faveur d’une refonte structurelle de la Guinée

Conakry, le 20 février 2026 – Sous l’égide de Monsieur Ismaël NABE, Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement (MPCID), s’est déroulée une session stratégique axée sur la présentation approfondie du Programme Simandou 2040. Cette concertation avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) revêt une importance capitale, marquant l’intégration nationale de ce qui est désormais considéré comme le cadre directeur exclusif pour la prospérité socio-économique de la Guinée au cours des quinze années à venir.

Convertir la rente minière en catalyseur de croissance inclusive

Le Ministre Ismaël NABE a souligné que, bien que ce programme prenne racine dans l’exploitation du gisement de fer de Simandou, l’un des plus imposants au globe, l’ambition nourrie par le Président de la République, Chef de l’État, Mamadi DOUMBOUYA, transcende considérablement le seul secteur minier. L’objectif primordial est d’engendrer une mutation structurelle profonde de l’économie nationale, en transmutant les produits des activités extractives en catalyseur d’industrialisation, de diversification productive et d’aménagement territorial équitable.

Conçu avec le concours de cabinets de renom tels que KPMG et Southbridge, ce programme s’appuie sur un scénario d’« Accélération ». Cette orientation stratégique, estimée à la fois réaliste et pérenne, ambitionne un taux de croissance annuel moyen de 10,3 % et la génération de 9,5 millions d’opportunités d’emploi d’ici à l’horizon 2040.

Une architecture structurée autour de 5 piliers stratégiques

Le Directeur National du Plan, Dr. Hassane DIALLO, a présenté l’architecture détaillée de ce programme qui englobe 14 secteurs d’intervention prioritaires.

Pilier 1 : Souveraineté alimentaire et Transformation industrielle

L’ambition consiste à opérer une transition d’une économie axée sur l’exportation de matières premières brutes vers une économie de transformation à haute valeur ajoutée.

  • Agriculture (12 projets, 5 réformes) : Viser une productivité rizicole de 4 t/ha, sécuriser l’accès à la terre et intégrer les petits exploitants afin de minimiser la dépendance aux importations.
  • Mines et Industrie : Un investissement de 65 à 70 milliards USD est prévu pour l’établissement de 17 unités de transformation et la création de 35 000 postes industriels directs.
  • Pêche : Modernisation durable via 10 projets et 2 réformes structurelles majeures.

Pilier 2 : Capital humain et Attractivité (49 Mds USD)

  • Éducation : Garantir 80 % d’accès au niveau pré-universitaire, contenir les effectifs à 30 élèves par classe et étendre la couverture des cantines scolaires.
  • Tourisme : Positionner la Guinée comme une destination attractive et concurrentielle, avec un objectif de 3 millions de visiteurs et la rénovation de 550 infrastructures d’hébergement.

Pilier 3 : Infrastructures, Énergie et Numérique (160 Mds USD)

Il s’agit du pilier le plus exigeant en capitaux et revêt une importance cruciale pour le désenclavement du territoire.

  • Transport : Construction de 2 900 km d’autoroutes et 2 500 km de voies ferrées.
  • Énergie et Eau : Atteindre une capacité installée de 10 000 MW pour un accès généralisé à l’électricité (100 %) et assurer l’approvisionnement en eau potable pour 95 % de la population.
  • Numérique : Couverture très haut débit de 95 % du territoire et numérisation intégrale des services publics.

Pilier 4 : Services financiers (1 à 1,5 Md USD)

Ce volet vise un taux d’inclusion financière de 60 % et l’intégration de la moitié de la main-d’œuvre du secteur informel dans un cadre réglementaire sécurisé.

Pilier 5 : Santé et Protection sociale (12 à 14 Mds USD)

L’ambition est d’atteindre une espérance de vie de 68 ans grâce à l’accès généralisé aux services de santé et à l’optimisation du ratio de personnels de santé (23 agents pour 10 000 habitants).

L’impératif de la culture du résultat

L’enveloppe d’investissement totale s’élève à environ 330 milliards USD, échelonnée sur trois phases successives jusqu’en 2040. Le financement sera garanti par une combinaison de sources, comprenant le secteur privé, le budget de l’État, le Fonds Souverain, et une contribution attendue des PTF à hauteur de 37 milliards USD.

Afin d’assurer une mise en œuvre scrupuleuse, le Gouvernement institue une « Delivery Unit ». Cette cellule de gestion des performances sera implémentée au sein de chaque département ministériel, afin de garantir une harmonisation optimale des actions entre les directions du Budget, du Plan, du Trésor et des Douanes. Le suivi stratégique demeurera sous la supervision directe du Ministre du Plan, par l’intermédiaire du Comité stratégique du Programme Simandou.

En conclusion de cette session, les autorités ont renouvelé leur ferme engagement en faveur de la transparence et d’un suivi annuel assidu. Avec Simandou 2040, la Guinée n’initie pas qu’un simple programme, mais bien une stratégie macroéconomique holistique et intégrée, visant à s’insérer de manière pérenne au sein des chaînes de valeur mondiales.



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