le pari stratégique du mobilier artisanal guinéen – Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat

Conakry, 25 février 2026 — La République de Guinée vient de franchir un cap significatif dans la mise en œuvre effective de sa politique de promotion du contenu local. Un protocole d’accord a été conclu ce mercredi entre le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget et la Fédération nationale des artisans de Guinée, en vue d’équiper en mobilier entièrement conçu et fabriqué en Guinée les infrastructures des hôtels des finances et des trésoreries régionales relevant de ce département stratégique dans la mobilisation des recettes publiques.

La cérémonie de signature s’est tenue sous la présidence de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, en présence du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, ainsi que de hauts responsables administratifs et de représentants des organisations professionnelles du secteur artisanal.

Par cet acte, les autorités traduisent en engagements concrets leur volonté de consolider la souveraineté économique nationale. En orientant la commande publique vers la production locale, l’État entend stimuler l’appareil productif national, structurer durablement les filières artisanales et inscrire l’économie guinéenne dans une dynamique de création de valeur endogène.

Le président de la Fédération nationale des artisans de Guinée, Elhadj Aboubacar Fofana, a salué « un moment historique » pour la corporation. Il a souligné que cette initiative marque le passage d’une reconnaissance essentiellement symbolique du secteur à une intégration économique structurée et institutionnalisée dans les politiques publiques. Selon lui, soutenir l’artisanat revient à soutenir la Guinée profonde, à restaurer la noblesse du travail manuel et à consolider les bases d’un développement inclusif, fondé sur les compétences locales.

Prenant la parole, le ministre Moussa Moïse Sylla a mis en exergue le leadership de sa collègue en charge des Finances, tout en rappelant le rôle structurant de l’artisanat dans l’architecture économique nationale. Deuxième pourvoyeur d’emplois après l’agriculture, ce secteur contribue à la dynamisation des économies locales et à la transmission des savoir-faire traditionnels qui constituent l’ossature identitaire du pays. Il a plaidé pour l’extension progressive de cette politique à l’ensemble des départements ministériels, tout en exhortant les artisans à préserver leur cohésion et à garantir des standards de qualité irréprochables, gages de crédibilité et de pérennité.

Pour sa part, la ministre Mariama Ciré Sylla a réaffirmé sa détermination à assurer une mise en œuvre diligente et rigoureuse du protocole. Présentant le contenu local comme un levier puissant de création d’emplois, de renforcement des petites et moyennes entreprises et de rééquilibrage de la balance commerciale, elle a insisté sur l’impératif stratégique d’équiper les infrastructures publiques avec des biens produits sur le territoire national.

Rendant hommage à son prédécesseur Mourana Soumah pour l’impulsion initiale donnée à cette orientation, elle a inscrit cette démarche dans la vision du président Mamadi Doumbouya, résolument tournée vers la consolidation d’un tissu économique résilient, la valorisation des compétences nationales et le renforcement du lien de confiance entre l’État et les acteurs économiques locaux.

La ministre a également annoncé la mise en place d’un cadre structuré d’accompagnement technique et organisationnel afin de soutenir la montée en gamme des productions artisanales et d’assurer la conformité aux exigences des marchés publics. Elle a enfin évoqué la perspective d’un élargissement de cette politique à d’autres institutions étatiques, conformément aux vœux de son collègue de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

Au-delà de la seule fourniture de mobilier administratif, ce partenariat se veut un modèle reproductible d’intégration systématique du contenu local dans la commande publique. Il ambitionne de stimuler l’innovation, de professionnaliser davantage les filières artisanales et de faire du savoir-faire guinéen un moteur durable de croissance.

En orientant la dépense publique vers la production nationale, l’État guinéen affirme une vision stratégique claire : transformer la commande publique en instrument de souveraineté économique et de justice sociale. L’artisanat, longtemps relégué à la périphérie des politiques structurelles, se voit ainsi reconnu comme un pilier central du développement. Si cette dynamique est consolidée par la rigueur, la qualité et l’élargissement progressif des dispositifs, elle pourrait inaugurer une nouvelle ère où chaque infrastructure publique deviendra, au-delà de sa fonction administrative, le reflet tangible du génie créateur guinéen et de la confiance renouvelée de l’État envers ses propres forces productives.



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