Crise de liquidités : le président Doumbouya enclenche la machine, de nouveaux billets annoncés en urgence

La pression monte sur le système économique guinéen. Face à une pénurie persistante de liquidités, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a décidé de passer à l’action. Mardi 17 mars, en déplacement à la Primature lors du conseil interministériel présidé par le Premier ministre Bah Oury, le chef de l’État a donné des instructions fermes : lancer l’impression de nouveaux billets de banque.

La décision intervient dans un climat de tension monétaire marqué par la rareté des espèces dans le circuit économique. Une situation qui perturbe les transactions quotidiennes et freine l’activité dans plusieurs secteurs.

Prenant la parole, le Premier ministre Bah Oury a confirmé l’ampleur du problème : « l’économie guinéenne souffre d’un déficit de circulation des espèces ». Une réalité qui, selon lui, justifie pleinement les mesures urgentes annoncées au sommet de l’État.

Mais au-delà de la réponse immédiate, le gouvernement affiche une ambition plus large. Il s’agit de transformer en profondeur les habitudes de paiement. Bah Oury évoque une orientation claire : réduire progressivement la dépendance au cash et accélérer la transition vers des moyens de paiement modernes.

« Dans certains pays, vous ne pouvez pas vous promener avec de l’argent en espèces. L’essentiel de l’activité économique se fait à travers les banques et les moyens de paiement électronique », a-t-il rappelé, traçant ainsi la direction que les autorités souhaitent emprunter.

L’objectif est double : moderniser l’économie et fluidifier la circulation monétaire. Pour l’exécutif, cette mutation pourrait avoir un impact direct sur les performances économiques du pays.

Dans les prochains jours, une communication officielle est annoncée pour détailler les contours de cette stratégie. Le gouverneur de la Banque centrale, ainsi que les responsables du département de l’économie et des finances, devront éclairer l’opinion sur les causes de la crise et les mesures envisagées.

En attendant, une certitude s’impose : face à la rareté du cash, l’État guinéen choisit d’agir vite. Reste à savoir si cette injection de nouveaux billets suffira à desserrer l’étau… ou si elle ne constitue que le premier acte d’une réforme monétaire plus profonde.