Conakry, le 27 octobre 2026 – Le Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement (MPCID), à travers la Direction nationale de la Population et du Développement économique (DNPDE), a organisé l’atelier national de validation technique du rapport diagnostique de la Stratégie nationale de développement du capital humain. Une étape décisive vers une stratégie appelée à faire du capital humain le moteur de la transformation structurelle du pays, en articulation avec la vision Simandou 2040.

La cérémonie d’ouverture a été présidé par le Ministre Ismaël NABE en présence des directeurs nationaux et généraux, inspecteurs régionaux, partenaires techniques et financiers et représentants du système des Nations Unies.
L’objectif de cet atelier est d’examiner les constats établis, enrichir les diagnostics sectoriels grâce aux contributions des participants, formuler des recommandations pertinentes et opérationnelles, puis parvenir à une validation consensuelle des résultats.
Dans son discours de bienvenue, M. Abdoulaye Sanoh, Directeur national Population et Développement économique, a rappelé le chemin parcouru dont entre autres : l’atelier de réflexion sur la valorisation du capital humain, le recrutement du cabinet AMD International, des rencontres avec l’ensemble des parties prenantes, puis des ateliers de collecte de données dans les régions administratives, auxquels les inspecteurs régionaux ont pleinement pris part. Chaque étape a été validée par le comité technique de suivi, puis soumise au comité de pilotage placé sous l’autorité du ministre. M. Sanoh a souligné l’atout démographique de la Guinée où près de 8 habitants sur 10 ont moins de 35 ans. Cette jeunesse ne deviendra une force que si elle est en bonne santé, instruite, qualifiée, protégée et en emploi, faute de quoi le dividende démographique risque de se transformer en pression.

Il a appelé à une stratégie intégrée plutôt qu’à une simple addition de plans sectoriels, et exprimé la gratitude du ministère envers les partenaires qui ont accompagné la démarche, notamment le système des Nations Unies et ses agences, la Banque mondiale, la Banque islamique de développement et la CEDEAO.
Prenant la parole au nom du système des Nations Unies en Guinée, Mme Maddalena Bertolotti, représentante résidente de l’UNICEF, a salué le leadership du Gouvernement et la qualité de la démarche méthodologique, notamment les consultations menées dans l’ensemble des régions. À travers l’histoire de Marianne, enfant guinéenne imaginaire, elle a illustré la manière dont les privations s’enchaînent de la naissance à l’âge adulte lorsque la santé, la nutrition, l’éducation et l’emploi ne sont pas pensés ensemble.

Elle a défini trois impératifs : investir tôt, car les premières années de vie offrent le retour le plus durable ; ne laisser aucun enfant ni aucun jeune de côté, avec une attention particulière aux filles, aux enfants vivant avec un handicap et aux familles les plus vulnérables ; et faire de l’exécution une priorité, afin que les ressources se traduisent en services et en résultats concrets. « Le capital humain est l’infrastructure invisible de Simandou 2040 », a-t-elle affirmé, en réaffirmant l’engagement de l’UNICEF et de ses partenaires aux côtés du Gouvernement.
M. Idrissa Ouedrago, consultant du cabinet AMD International, a présenté les principaux résultats du rapport de 51 pages, élaboré à partir de données secondaires, d’enquêtes nationales et de données primaires issues des ateliers régionaux. L’analyse suit le cycle de vie, de l’enfance au vieillissement actif, avec une prise en compte transversale du genre. Elle couvre cinq secteurs : la santé et la nutrition, l’éducation et la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat, la protection sociale, et le cadre de vie (logement, eau, assainissement, énergie).

Le diagnostic reconnaît des avancées, notamment la baisse de la mortalité maternelle, quasiment divisée par deux depuis 2005, ainsi que les progrès de l’accès à l’école et de la participation des filles à la formation technique.

Il met aussi en évidence des défis persistants : l’application insuffisante des textes existants, la faible diversité alimentaire des enfants, les grossesses précoces, l’abandon scolaire, l’inadéquation entre formation et emploi, la prédominance de l’emploi informel, la faible couverture de l’assurance maladie et de la protection sociale, ainsi que de fortes disparités entre régions et entre milieux urbain et rural.
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Ismaël NABE a salué la vision et l’engagement de Son Excellence Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef de l’État, en faveur d’une Guinée souveraine, prospère et tournée vers l’avenir. Il a rappelé que la transformation économique ne peut être durable sans la transformation du capital humain, qui est « le fondement, le moteur et la finalité du développement ». M. NABE a relevé que l’indice de capital humain de la Guinée demeure limité à 0,37 et que moins de 15 % des travailleurs bénéficient d’une couverture de protection sociale.

Il a appelé à dépasser la logique d’un simple document technique pour faire de la stratégie un véritable instrument de transformation, articulant santé, nutrition, emploi, protection sociale et gouvernance, et anticipant les compétences dont le pays aura besoin pour ses infrastructures, son agriculture, ses industries et son secteur privé. Il a demandé que le rapport soit largement partagé avec les départements ministériels afin que chacun s’approprie les données avant de souligner leur importance pour orienter les politiques publiques, en lien avec les résultats du recensement général de la population et de l’habitation.

Enfin, il a remercié les partenaires techniques et financiers (UNICEF, UNFPA, PAM, PNUD, Banque mondiale, Banque islamique de développement, CEDEAO), l’équipe technique de la DNPDE, le cabinet AMD International et l’ensemble des départements ministériels associés au processus.

Une fois validé, le rapport diagnostique ouvrira la phase d’élaboration proprement dite de la Stratégie nationale de développement du capital humain, qui intégrera les premières orientations stratégiques présentées lors de l’atelier ainsi que les contributions des participants. Le financement de la stratégie sera examiné lors des prochaines étapes, avec le concours des partenaires.

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