Droits d’auteur et intelligence artificielle : la Guinée franchit un tournant historique avec la Déclaration de Conakry
Conakry, le 9 octobre 2026– La cérémonie de clôture de l’atelier de formation de quatre jours consacré à la gouvernance, à la gestion du droit d’auteur et à l’utilisation des outils internationaux d’identification des œuvres s’est tenue avec éclat ce vendredi, à la plage de Camayenne. Cet événement majeur a été marqué par la lecture de la Déclaration de Conakry et par les allocutions de plusieurs représentants et des autorités gouvernementales.
Une synergie nationale pour moderniser le BGDA
Cet atelier intensif a concrétisé une collaboration exemplaire entre le Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC), dirigé par Malick Kébé, et le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), piloté par Moussa Fofana. Cette alliance stratégique vise à hisser le BGDA aux standards internationaux, afin de sortir les artistes guinéens de l’anonymat et de leur garantir une juste rémunération au-delà des frontières nationales.
La Déclaration de Conakry, un rempart contre les dérives de l’IA
Lue par Moussa Mbaye au nom des participants, la Déclaration de Conakry sur l’intelligence artificielle, le droit d’auteur et l’avenir des industries culturelles et créatives pose les jalons d’une protection indispensable pour l’Afrique. Le texte s’articule autour de trois axes fondamentaux :
– La préservation du patrimoine : les traditions orales, les langues, les musiques, les rythmes et les savoir-faire ancestraux doivent être protégés contre toute captation ou appropriation abusive par des systèmes d’intelligence artificielle non autorisés.
– La souveraineté économique : l’Afrique ne doit plus être un simple réservoir de matières premières culturelles alimentant des technologies étrangères, sans contrepartie équitable pour ses créateurs.
– La valorisation de l’humain : l’innovation technologique doit demeurer un instrument au service de la créativité humaine, et non un mécanisme de substitution ou de dévalorisation du travail des artistes.
Un engagement politique fort au sommet de l’État
Prenant la parole lors de la clôture, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a transmis les salutations et les encouragements du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, ainsi que du Premier ministre, Amadou Oury Bah. Il a chaleureusement remercié les partenaires techniques et internationaux, notamment l’OIF et la CISAC, pour leur précieux appui.
Établissant un parallèle saisissant avec l’exploitation minière, le ministre a mis en garde contre le risque d’un « pillage immatériel » orchestré par les intelligences artificielles. Pour contrer cette menace, il s’est officiellement engagé à porter la Déclaration de Conakry devant le Conseil interministériel, afin d’ancrer durablement l’application des règles de protection du droit d’auteur en République de Guinée.
La cérémonie s’est achevée dans une ambiance festive par la traditionnelle remise des attestations aux participants.



Source : MCAGUINEE



