Les autorités guinéennes entendent renforcer le suivi des engagements internationaux en matière de droits humains. La Stratégie nationale de mise en œuvre des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU) de 2025 et des organes de traités des Nations Unies, accompagnée de son Plan d’action national, a été officiellement présentée ce vendredi 23 octobre 2026, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de partenaires nationaux et internationaux.
La cérémonie a connu la participation du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II TOUNKARA, ainsi que de Daouda KAMISSOKO, ministre directeur de cabinet de la Primature, représentant le Premier ministre Amadou Oury BAH. Des représentants du corps diplomatique, des agences des Nations Unies, de l’Union européenne, des organisations internationales et de la société civile ont également pris part à la rencontre.
Portée par le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme à travers la Direction nationale des droits de l’Homme, avec l’appui technique du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, cette initiative vise à présenter aux partenaires techniques et financiers les grandes orientations de la Guinée en matière de suivi des recommandations internationales. Elle ambitionne également de favoriser l’appropriation de ces instruments et de mobiliser les ressources nécessaires à leur mise en œuvre.

Intervenant au nom du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Omer Kebiwou Kalameu a salué une étape importante dans la concrétisation des engagements internationaux de la Guinée. Il a rappelé que, lors de son quatrième Examen périodique universel, le 29 avril 2025, le pays avait accepté 246 des 257 recommandations formulées à son endroit. Pour le représentant du Haut-Commissariat, l’enjeu consiste désormais à traduire ces engagements en progrès concrets et mesurables au bénéfice des populations.
Il a également mis en avant le partenariat entre le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. Selon lui, la stratégie nationale et son plan d’action constituent des outils essentiels pour améliorer la coordination des interventions et adapter les réponses aux réalités du pays.
La mise en œuvre de ces recommandations devrait notamment contribuer au renforcement de l’égalité, de la dignité humaine, de la non-discrimination et de l’accès à une justice indépendante. Elle s’inscrit aussi dans les priorités nationales portant sur la modernisation du système judiciaire, la formation des professionnels, l’amélioration des conditions de détention et la promotion des droits fondamentaux.
Prenant la parole à son tour, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II TOUNKARA, a insisté sur la nécessité de passer des engagements aux résultats concrets et durables.

Le Garde des Sceaux a relevé plusieurs obstacles susceptibles de freiner la mise en œuvre des recommandations, notamment l’insuffisance des mécanismes opérationnels de suivi, les difficultés de coordination entre les institutions, les besoins en matière de collecte et de gestion des données, ainsi que les contraintes liées à la planification et à la mobilisation des ressources.
Face à ces défis, la Stratégie nationale définit les principales orientations, précise les responsabilités des acteurs concernés et établit un mécanisme de suivi reposant sur la transparence et la redevabilité.
Le Plan d’action national vient compléter ce dispositif en traduisant les orientations stratégiques en activités prioritaires, assorties de résultats attendus, d’indicateurs mesurables et d’échéances précises.
Le ministre a salué la participation des institutions nationales, des départements ministériels, des organisations de la société civile et des autres parties prenantes à l’élaboration et à la validation des deux documents. Il a également exprimé la reconnaissance du gouvernement envers le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme et les partenaires qui accompagnent la Guinée dans ce processus.
Dans cette perspective, Ibrahima Sory II TOUNKARA a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers, aux missions diplomatiques, à l’Union européenne, aux agences onusiennes, aux organisations internationales, aux fondations et au secteur privé. Il les a invités à apporter un soutien coordonné et durable afin de renforcer les capacités nationales et de financer les actions prioritaires.
Représentant le Premier ministre Amadou Oury Bah, Daouda KAMISSOKO a réaffirmé la responsabilité première de l’État dans l’exécution du Plan d’action national.

Le ministre directeur de cabinet de la Primature a présenté cinq engagements du gouvernement : assurer le pilotage de la stratégie sous la coordination de la Primature, engager les réformes législatives et réglementaires nécessaires, intégrer les actions prioritaires dans les lois de finances, harmoniser leur mise en œuvre avec les programmes nationaux de développement et rendre régulièrement compte des progrès réalisés.
Il a également annoncé la mise en place d’un tableau de bord de pilotage stratégique au sein de la Primature. Des rapports périodiques sur le niveau d’exécution des recommandations devront être transmis au chef du gouvernement et présentés en Conseil des ministres.
Ce mécanisme vise à renforcer le suivi des engagements et la responsabilisation des membres du gouvernement, chacun devant répondre de l’avancement des actions relevant de son département.
Daouda KAMISSOKO a, par ailleurs, souligné le rôle déterminant des institutions nationales, des ministères, de la société civile et des partenaires techniques et financiers. Il a notamment insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue avec les organisations de défense des droits humains et de préserver leur contribution au suivi indépendant des réformes.
Au-delà de la présentation officielle des documents, la rencontre vise à fédérer les partenaires autour des besoins prioritaires de la Guinée et à identifier des contributions concrètes pour accompagner leur mise en œuvre.
Une matrice de suivi des appuis et des partenariats est également prévue afin de mieux coordonner les interventions, de recenser les contributions et de suivre les engagements pris par les différents acteurs.
À travers cette démarche, les autorités guinéennes ambitionnent de rapprocher les engagements internationaux du pays des réalités quotidiennes des citoyens. La concrétisation de cette ambition dépendra toutefois de la disponibilité des ressources financières et techniques, de la coordination effective des institutions et de la régularité des mécanismes de suivi.
L’enjeu est désormais de traduire les 246 recommandations acceptées par la Guinée en avancées tangibles pour les populations. L’amélioration de l’accès à la justice, la protection des personnes vulnérables et le renforcement de l’État de droit figurent parmi les domaines dans lesquels les résultats de cette stratégie pourront être appréciés.

La mobilisation durable du gouvernement, des institutions nationales, de la société civile et des partenaires internationaux sera ainsi déterminante pour faire de ce dispositif un levier concret de promotion et de protection des droits humains en République de Guinée.
Service Communication et Relations Publiques / MJDH
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