le ministère de la Justice renforce les capacités des juges pour enfants face aux violences sexuelles et aux enjeux de l’adoption – MINISTERE DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME

Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme entend renforcer la protection judiciaire des enfants en République de Guinée. C’est dans cette perspective qu’un atelier de renforcement des capacités des juges pour enfants s’est ouvert à Kindia, autour du traitement des dossiers relatifs aux enfants victimes de violences sexuelles et des procédures d’adoption et de placement des enfants en institution. Représentant le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, le chef de cabinet du département, Maître Bily 1 Keita, a présidé la cérémonie d’ouverture de cette rencontre, qui vise à améliorer les compétences des magistrats et à consolider les mécanismes de protection des droits de l’enfant.

 

 

Dans son discours, le représentant du ministre a salué l’initiative du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, à travers son projet PAPE, ainsi que la collaboration du Tribunal pour enfants de Conakry. Il a exprimé sa reconnaissance à ces acteurs pour leur engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’enfant, notamment ceux qui sont en contact avec le système judiciaire.

Pour Maître Bily 1 Keita, la protection de l’enfant constitue une responsabilité fondamentale de l’État et un impératif juridique, moral et social. Il a rappelé que chaque enfant a droit à la vie, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique, ainsi qu’à la protection contre toutes les formes de violence.

 

Malgré les efforts engagés par les autorités guinéennes et leurs partenaires, le chef de cabinet a reconnu que de nombreux enfants restent exposés aux violences et à diverses formes d’exploitation. Une situation qui, selon lui, appelle une réponse judiciaire diligente, rigoureuse et adaptée aux besoins spécifiques des victimes.

« Les violences sexuelles en particulier constituent une atteinte grave à leurs droits fondamentaux et appellent une réponse judiciaire diligente, rigoureuse et adaptée à leur situation spécifique », a-t-il souligné.

Il a insisté sur la nécessité de garantir aux enfants victimes un accueil approprié, une écoute attentive et un accompagnement respectueux de leur dignité et de leur intérêt supérieur. Il a également mis en garde contre les procédures judiciaires susceptibles, par leur durée ou leurs modalités, d’aggraver les souffrances des enfants concernés. Face à ces défis, le renforcement des capacités des juges pour enfants constitue, selon le représentant du ministre, une priorité pour le département de la Justice et des Droits de l’Homme.

Maître Bily 1 Keita a rappelé que le traitement des dossiers de violences sexuelles commises sur des enfants exige une expertise particulière, une grande rigueur juridique et une approche centrée sur la vulnérabilité des victimes. Il a notamment insisté sur la confidentialité des informations, la qualité de l’écoute, la prévention de la victimisation secondaire et la coordination entre les acteurs judiciaires, sanitaires et psychosociaux. Au-delà de la sanction des auteurs, a-t-il précisé, la justice doit garantir aux enfants victimes un accès effectif à leurs droits, à l’assistance nécessaire et aux mesures de protection appropriées.

Le chef de cabinet a également invité les magistrats à considérer l’enfant non comme un simple élément de procédure, mais comme un véritable sujet de droit. Son intérêt supérieur, a-t-il rappelé, doit guider chacune des décisions prises à son égard. L’atelier représente ainsi une occasion de partager les expériences, d’améliorer les pratiques professionnelles et de rechercher des réponses judiciaires plus cohérentes et mieux adaptées aux besoins des enfants victimes.La seconde thématique de la rencontre porte sur les procédures d’adoption des enfants placés en institution. Sur ce point, Maître Bily 1 Keita a souligné que le placement institutionnel, lorsqu’il s’avère nécessaire, doit répondre à un objectif de protection et s’accompagner d’un suivi approprié.

Il a notamment rappelé que le maintien prolongé d’un enfant en institution ne saurait constituer une finalité en soi. Chaque situation doit faire l’objet d’un examen individuel, tenant compte de l’histoire de l’enfant, de ses besoins et des possibilités de prise en charge familiale. Concernant l’adoption, le représentant du ministre a plaidé pour des procédures rigoureuses, transparentes et sécurisées, respectueuses des garanties légales et de l’intérêt supérieur de l’enfant. Il a également insisté sur la nécessité de prévenir les fraudes, la traite et toute séparation irrégulière d’un enfant de sa famille. Pour lui, la maîtrise des règles et procédures applicables par les juges pour enfants est indispensable afin de garantir des décisions éclairées, juridiquement fondées et exclusivement orientées vers la protection des droits de l’enfant. Au-delà de la formation des magistrats, Maître Bily 1 Keita a appelé à une mobilisation collective pour rendre le système judiciaire guinéen plus accessible et davantage respectueux des droits humains.

 

Il a souligné l’importance de la coopération entre le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, les juridictions compétentes, les services sociaux, les institutions nationales et les partenaires techniques et financiers. Selon lui, aucun acteur ne peut, à lui seul, répondre à l’ensemble des besoins des enfants victimes ni garantir une prise en charge complète et durable. Le représentant du Garde des Sceaux a, par ailleurs, exhorté les participants à tirer pleinement profit des travaux de l’atelier, à privilégier des échanges constructifs et à formuler des recommandations concrètes susceptibles d’améliorer le fonctionnement du dispositif de protection de l’enfance. Il a exprimé le souhait que les acquis de cette formation se traduisent par une meilleure prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles, une application rigoureuse des procédures d’adoption et un renforcement effectif des garanties judiciaires accordées à chaque enfant en Guinée.

 

Maître Bily 1 Keita a renouvelé les remerciements du ministère au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, à travers le projet PAPE, ainsi qu’au Tribunal pour enfants de Conakry, pour leur contribution à l’organisation de cette rencontre. C’est sur cet appel à la poursuite de la collaboration entre les différents acteurs qu’il a officiellement déclaré ouverts, au nom du ministre Ibrahima Sory II Tounkara, les travaux de cet atelier de renforcement des capacités des juges pour enfants à Kindia.

 

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  • Par le Mouvement Hèri Kira

    Le mouvement citoyen Hèri Kira est une plateforme de jeunesse qui se positionne comme un ardent défenseur de la refondation nationale et un soutien actif aux actions du Général Bâtisseur Président de la République de Guinée Mamadi Doumbouya.

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