Le 25 juin 2026 restera gravé comme une date charnière pour la souveraineté administrative, intellectuelle et économique de la Guinée. À la Plage Camayenne de Conakry, dans le cadre de la Semaine Nationale des Archives de Guinée (SeNAG), s’est tenu un panel inaugural d’une portée historique majeure : « De la mémoire de la nation à la vision Simandou 2040 : Quelle place pour les archives dans la transformation de la Guinée ? ». Cet événement d’envergure nationale a réuni les figures de proue de l’administration pour débattre d’un enjeu vital : la gestion de notre patrimoine documentaire comme levier de développement économique et institutionnel. Face aux défis colossaux du programme présidentiel Simandou 2040, les archives ne sont plus de simples papiers relégués au fond de cartons poussiéreux. Elles s’affirment désormais comme un actif stratégique majeur, le socle indispensable sur lequel se construit la transformation structurelle du pays. Pour guider cette réflexion, cinq personnalités de premier plan ont apporté leur expertise et leur vision d’avenir.
Au cœur de cette dynamique, monsieur Benoit Kamano, Ministre Secrétaire Général du Gouvernement, incarne la mémoire juridique et administrative de l’État. Gardien des décrets, des ordonnances et des comptes-rendus des conseils des ministres, son département garantit la continuité républicaine. Lors de son intervention, monsieur Benoit Kamano a rappelé que la modernisation globale de l’État guinéen passe inévitablement par une gestion rigoureuse, centralisée et transparente de ses archives. Pour lui, la vision stratégique Simandou 2040 ne peut se concrétiser sans une sécurité juridique absolue, laquelle repose sur la traçabilité irréprochable des décisions publiques. En structurant efficacement cette mémoire administrative, le Secrétariat Général du Gouvernement offre une stabilité indispensable pour rassurer les partenaires internationaux et consolider la gouvernance locale. Monsieur Benoit Kamano insiste sur le fait que la dématérialisation et l’organisation rationnelle des documents d’État constituent le premier pilier de notre souveraineté nationale.
Sur le plan des ressources naturelles, la Guinée vit un tournant historique avec le mégaprojet Simandou. Monsieur Bouna Sylla, Ministre des Mines et de la Géologie, a magistralement démontré le lien indissociable entre la connaissance géologique accumulée et l’avenir économique de la nation. Les archives minières, contenant des décennies de rapports de prospection, de cartes cartographiques et d’analyses géophysiques, représentent une richesse inestimable. Monsieur Bouna Sylla a mis en exergue le fait que posséder, maîtriser et protéger ces données techniques permet à la Guinée de négocier d’égal à égal avec les multinationales du secteur extractif. Dans le cadre de Simandou 2040, ces archives ne servent pas seulement à exploiter le minerai de fer, mais à planifier le développement des infrastructures connexes, telles que le corridor ferroviaire Transguinéen et les infrastructures portuaires. Pour le ministre, la souveraineté sur les données minières garantit que les richesses du sous-sol se traduisent par une prospérité durable pour les générations futures.
L’ambition nationale ne saurait se limiter aux infrastructures physiques ; elle requiert une transformation profonde du capital humain. C’est le message fort porté par Dr Diaka Sidibé, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Avec la clarté et le dynamisme qui la caractérisent, elle a souligné le rôle névralgique des archives universitaires et scientifiques dans la production de savoirs endogènes. Dr Diaka Sidibé a plaidé pour une véritable refondation de la recherche en Guinée, adossée à des bibliothèques numériques et des centres de documentation modernes. Pour alimenter la vision Simandou 2040, le pays a besoin d’ingénieurs, de statisticiens et de chercheurs capables de s’appuyer sur l’historique des données locales pour innover. En connectant les institutions d’enseignement supérieur aux réseaux d’archives nationaux, son ministère s’assure que la mémoire scientifique guinéenne ne s’évapore pas, mais devienne le terreau fertile d’une jeunesse qualifiée, audacieuse et prête à relever les défis de demain.
La transition vers cette modernité exige une infrastructure de communication robuste et sécurisée. Monsieur Souleymane Thianguel Bah, Secrétaire Général du ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de l’Innovation, a apporté un éclairage crucial sur les impératifs technologiques de cette transformation. Pour lui, l’archivage moderne est intrinsèquement numérique. Monsieur Souleymane Thianguel Bah a exposé les projets de son ministère visant à digitaliser l’ensemble du patrimoine documentaire de l’État guinéen. Toutefois, cette transition numérique ne doit pas se faire au détriment de la sécurité. Le Secrétaire Général a insisté sur la notion fondamentale de souveraineté numérique : les données de la Guinée doivent être hébergées, protégées et gérées sur le territoire national, loin de toute dépendance technologique extérieure. En mettant en place des infrastructures locales et des protocoles de sécurisation stricts, son département garantit que la mémoire numérique nationale devienne un outil de gouvernance agile, rapide et totalement autonome.
Pour orchestrer ce débat de haut niveau, le choix de la modératrice s’est porté sur Madame Pola Rose Pricemou, Conseillère à la Présidence chargée des Nouvelles Technologies et de l’Intelligence Artificielle. Avec une maîtrise parfaite des enjeux contemporains, elle a su tisser des liens subtils entre les interventions de chaque panéliste. Madame Pola Rose Pricemou a brillamment mis en lumière la façon dont l’intelligence artificielle peut révolutionner la gestion des archives en Guinée. L’intégration d’outils technologiques avancés permet d’automatiser l’indexation, de faciliter la recherche documentaire et de valoriser des millions de données historiques en un temps record. En positionnant les archives à l’intersection de la technologie et de la prospective, la modératrice a rappelé que la vision Simandou 2040 ne regarde pas seulement vers l’avenir, mais puise sa force et sa légitimité dans la redécouverte et la préservation de notre patrimoine national.
En conclusion, le panel inaugural de la SeNAG 2026 a démontré avec brio que les archives constituent la boussole stratégique de la transformation guinéenne. À travers l’engagement concerté de Monsieur Benoit Kamano, Monsieur Bouna Sylla, Dr Diaka Sidibé et Monsieur Souleymane Thianguel Bah, sous la houlette visionnaire de Madame Pola Rose Pricemou, la Guinée prouve qu’elle sait honorer sa mémoire collective pour mieux bâtir son destin économique. Simandou 2040 n’est plus un mirage lointain, mais une réalité en marche, solidement ancrée sur les fondations inébranlables d’un État conscient de son histoire, maître de ses données et résolument tourné vers l’innovation technologique pour assurer sa souveraineté à long terme.


