FORÉCARIAH : FÉLIX LAMAH FAIT DU MARAÎCHAGE UN LEVIER D’EMPLOI ET DE SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

À Salguidia, dans la préfecture de Forécariah, le 23 octobre 2026, le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a donné le coup d’envoi d’un projet destiné aux jeunes et aux femmes. Derrière cette cérémonie, l’enjeu dépasse l’aménagement de parcelles : il s’agit de transformer le potentiel agricole guinéen en activités productives, en revenus durables et en approvisionnement régulier des marchés. Cette initiative illustre la volonté du département de traduire en actions concrètes les orientations du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, avec l’appui de la coordination gouvernementale conduite par le Premier ministre Amadou Oury Bah.

SALGUIDIA, UN PROJET PILOTE À PORTÉE NATIONALE

La première phase concerne 30 hectares sur le domaine de Salguidia, où l’État dispose d’une réserve foncière annoncée de 2 000 hectares. Selon les informations publiées par le quotidien national Horoya, 400 personnes sont ciblées sur ce site, dont 200 femmes et 200 jeunes. À l’échelle nationale, le programme ambitionne d’accompagner 30 000 bénéficiaires, parmi lesquels 15 000 femmes, à travers 1 500 groupements et l’aménagement de 1 500 hectares. Le financement global annoncé s’élève à 147,3 milliards de francs guinéens.

Ces chiffres restent des objectifs annoncés, non des résultats acquis. Leur réalisation dépendra des aménagements, des équipements, des intrants, de la formation et de débouchés commerciaux fiables.

L’IMPACT ATTENDU : EMPLOI, REVENUS ET AUTONOMISATION

Le premier impact recherché est économique. En donnant aux jeunes et aux femmes un accès organisé à la terre, à l’eau, aux intrants et à l’encadrement technique, le projet veut faire du maraîchage une activité entrepreneuriale plutôt qu’une production de subsistance. Les revenus générés peuvent soutenir les ménages, financer la scolarité des enfants, améliorer l’alimentation et favoriser la réinjection des bénéfices dans les exploitations.

Pour les femmes, l’enjeu est également celui de l’autonomie financière et de la reconnaissance de leur rôle dans les chaînes agricoles. Pour les jeunes, il s’agit de créer des perspectives professionnelles locales, depuis la production jusqu’au transport, au stockage, à la transformation et à la commercialisation. Chaque exploitation viable peut ainsi stimuler plusieurs métiers connexes et contribuer à réduire la précarité rurale. L’effet sur l’exode ou l’émigration reste toutefois une perspective, qui dépendra de la stabilité des revenus et de l’attractivité réelle des emplois créés.

LA MAÎTRISE DE L’EAU, CONDITION DE LA PRODUCTIVITÉ

L’un des aspects structurants du projet réside dans l’irrigation. À Salguidia, les aménagements annoncés doivent permettre une maîtrise de l’eau, avec notamment des châteaux d’eau et un système de fertigation, qui associe l’apport d’eau et de nutriments aux cultures. Cette approche peut réduire la dépendance aux pluies, faciliter plusieurs cycles de production et améliorer les rendements, à condition que les installations soient achevées, entretenues et accessibles aux bénéficiaires.

Horoya rapporte que les rendements pourraient évoluer de 5 à 10 tonnes par hectare vers une fourchette de 15 à 25 tonnes, selon les déclarations du ministre. Il s’agit d’une projection, non d’une performance déjà mesurée. Elle devra être vérifiée par des données de campagne, culture par culture, en tenant compte des sols, des semences, de l’eau, des pratiques culturales et des conditions climatiques.

UNE CONTRIBUTION À LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

Accroître la production locale de légumes peut améliorer la disponibilité des produits frais, limiter certaines importations et réduire l’exposition des consommateurs aux ruptures d’approvisionnement et aux variations des prix extérieurs. Les marchés de Conakry, pendant les périodes de forte demande, pourraient bénéficier de récoltes provenant de Maférinyah et d’autres bassins de production. Mais produire davantage ne suffit pas : il faut aussi organiser la collecte, la conservation, le transport, la vente et, lorsque cela est possible, la transformation.

UNE ACTION INSCRITE DANS LA VISION DE L’ÉTAT

Cette initiative rejoint les priorités exposées par le président Mamadi Doumbouya autour de Simandou 2040 : emploi des jeunes, développement agricole, renforcement du capital humain, agro-industrie et soutien aux entreprises nationales. La Présidence présente l’agriculture comme un secteur stratégique de la transformation économique et insiste sur la place de la jeunesse et du contenu local. Le projet de Salguidia donne une traduction territoriale à ces orientations, en reliant investissement public, production et inclusion économique.

Le rôle du Premier ministre Amadou Oury Bah apparaît dans la coordination et le suivi de l’action gouvernementale. Le 19 octobre 2026, la Primature indiquait qu’un comité interministériel consacré à l’économie et à la transformation productive examinait notamment les zones agricoles et les agropoles afin d’accélérer les décisions et de lever les blocages. Le 23 octobre, le chef du Gouvernement a reçu Félix Lamah et son équipe pour examiner la politique foncière agricole et la stratégie nationale de développement de la riziculture. Ces démarches montrent que le maraîchage s’insère dans un chantier plus large : sécuriser le foncier, attirer les investissements et renforcer la sécurité alimentaire.

LA CRÉDIBILITÉ SE JUGERA SUR LES RÉSULTATS

Le directeur national de l’Agriculture a évoqué un fonds renouvelable et des conventions précisant les engagements des bénéficiaires. Le principe est pertinent : le remboursement adapté d’une partie des appuis pourrait permettre de financer d’autres producteurs et d’assurer la continuité du dispositif. Il faudra néanmoins des règles transparentes, des échéanciers réalistes, un accompagnement comptable et des mécanismes de recours pour éviter que le remboursement ne fragilise les exploitations.

La gouvernance devra garantir une sélection équitable des bénéficiaires, la publication des dépenses, l’entretien des infrastructures et la prévention des conflits fonciers. Un suivi public devrait préciser, chaque année, les hectares effectivement aménagés, les personnes installées, la part des femmes, les volumes récoltés, les revenus moyens, les emplois consolidés et les remboursements réalisés. La distinction entre bénéficiaires accompagnés et emplois effectivement créés devra être clairement établie.

Félix Lamah engage donc son département sur un objectif exigeant : faire du maraîchage un moteur de croissance inclusive, et non une opération ponctuelle de communication. Salguidia constitue un test. Si les équipements fonctionnent, si les producteurs sont accompagnés et si les récoltes trouvent des marchés rémunérateurs, le projet pourra devenir un modèle reproductible dans les régions annoncées. C’est à cette condition que l’ambition portée par le président Mamadi Doumbouya et mise en coordination par le Premier ministre Amadou Oury Bah se traduira en améliorations concrètes pour les familles guinéennes.

Auteur/autrice

  • Par le Mouvement Hèri Kira

    Le mouvement citoyen Hèri Kira est une plateforme de jeunesse qui se positionne comme un ardent défenseur de la refondation nationale et un soutien actif aux actions du Général Bâtisseur Président de la République de Guinée Mamadi Doumbouya.

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