Conakry, 17 septembre 2026-Le Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, à travers l’Institut National de la Statistique (INS), a officiellement lancé, ce jeudi, la collecte des données du Premier Recensement Général des Entreprises de la République de Guinée (RGE-1). C’est une campagne nationale destinée à établir, pour la première fois, une connaissance exhaustive et actualisée du tissu entrepreneurial du pays. La Guinée franchit ainsi une nouvelle étape dans la consolidation de son système national d’information économique.
La cérémonie a réuni plusieurs membres du Gouvernement, les responsables des institutions économiques et consulaires, des représentants du secteur privé, de la Banque mondiale, de la société civile, ainsi que les agents mobilisés pour conduire la collecte sur le terrain.


Dans son discours de bienvenue, le Directeur général de l’INS, Dr Makan DOUMBOUYA, a situé le RGE-1 dans la dynamique des grandes opérations statistiques conduites par la Guinée ces dernières années. Après le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation, les travaux de rebasage des comptes nationaux et des comptes nationaux trimestriels, ainsi que la sixième Enquête démographique et de santé, le pays s’engage désormais dans une opération consacrée à son tissu entrepreneurial. Le RGE-1 doit notamment permettre de constituer un répertoire national des entreprises et de procéder à leur géolocalisation. Il devra également produire des informations sur les branches d’activité, la taille des entreprises, les niveaux d’investissement et les emplois créés, afin d’alimenter la formulation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques et plans de développement.

Il a rappelé que le RGE-1 repose sur huit grandes phases : les travaux préparatoires, la sensibilisation des acteurs, la cartographie des zones de développement des entreprises, le recensement pilote, le recrutement et la formation des agents, la collecte, le traitement et l’analyse des données, puis la validation et la vulgarisation des résultats.
Pour la phase de terrain, 1 100 agents ont été présélectionnés et formés, avant qu’une sélection finale ne permette de retenir 972 agents pour la collecte. Leur formation a notamment porté sur la méthodologie du recensement, les outils numériques, l’organisation de la collecte, l’affectation des zones de travail, ainsi que les mesures de santé, de sécurité et de prévention des violences basées sur le genre.

Déployés à l’issue de la cérémonie, les agents doivent parcourir le territoire national pendant deux mois, afin de recueillir les données relatives notamment aux activités des entreprises, aux emplois, aux besoins d’investissement et aux perspectives d’investissement.
Dr DOUMBOUYA a ainsi insisté sur la responsabilité des agents de collecte, tout en appelant les entreprises, commerçants et artisans à leur réserver un accueil favorable et à fournir des informations précises et fiables. L’administration territoriale est également invitée à faciliter leur travail sur le terrain.
Pour le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée, El Hadj Mamadou BALDE, le lancement du RGE-1 répond à une attente majeure du secteur privé : celle de disposer de statistiques fiables permettant de mieux mesurer le poids réel de l’économie guinéenne et de la situer dans les comparaisons internationales. Il a mis en évidence une réalité souvent rencontrée par les représentants du secteur privé dans les cadres régionaux et internationaux : l’absence d’un répertoire statistique exhaustif et actualisé des entreprises guinéennes limite la capacité à présenter avec précision la réalité économique nationale.

La Chambre de commerce entend donc jouer pleinement son rôle dans la réussite de l’opération. Présente sur l’ensemble du territoire à travers ses représentations, elle s’est engagée à accompagner les équipes de recensement partout où cela sera nécessaire.
Le président de l’institution consulaire a lancé un appel solennel aux opérateurs économiques afin qu’ils se mobilisent et accueillent les agents recenseurs. Pour lui, une entreprise recensée participe à sa propre visibilité et contribue à rendre plus lisible le potentiel économique de la Guinée.
Au-delà de la production statistique, le RGE-1 doit ainsi permettre de mieux faire connaître le tissu entrepreneurial guinéen, de mesurer son évolution et de donner davantage de visibilité aux capacités économiques du pays au-delà de ses frontières.
Prenant la parole à son tour, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Aboubacar KOUROUMA, a réaffirmé la pleine disponibilité de son département à contribuer à la réussite du premier recensement général des entreprises. Il a présenté le RGE-1 comme une étape majeure dans l’amélioration du système national d’information économique, indispensable à une meilleure connaissance du tissu entrepreneurial et à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données fiables.

Cette collaboration entre les départements ministériels doit notamment permettre de capitaliser sur les outils existants, dont l’Atlas de l’industrie, afin de favoriser le croisement, la consolidation et l’enrichissement des informations économiques disponibles.
L’un des enjeux majeurs identifiés concerne la compréhension des facteurs qui freinent la création, la survie et le développement des entreprises. Le ministre a notamment évoqué la question du taux de mortalité des entreprises, estimé dans son intervention à près de 75 %, et la nécessité de disposer de données permettant d’en identifier les causes.
Accès au financement, fiscalité, logistique, douane, port, délais administratifs, agréments, contrôle de qualité, foncier industriel, accès aux marchés publics, coût de l’énergie, formalisation ou encore multiplicité des contrôles : autant de contraintes que le RGE-1 pourrait contribuer à documenter avec davantage de précision.

Ces informations sont appelées à servir de base à l’orientation des réformes dans les domaines de l’industrialisation, du commerce, de la formalisation, de l’accompagnement des PME, de la compétitivité et de la promotion d’une concurrence saine.
Dans cette perspective, le Ministre KOUROUMA a résumé la logique de l’opération par une formule structurante : « Mieux connaître nos entreprises, c’est mieux planifier. Mieux planifier, c’est mieux orienter l’investissement. »
La Ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou TOURE, a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de l’administration territoriale à accompagner les agents recenseurs dans l’accomplissement de leur mission. Gouverneurs, préfets, sous-préfets et maires sont appelés à se mobiliser afin de faciliter le déploiement des équipes et de garantir les conditions nécessaires à la collecte des données sur l’ensemble du territoire national.

Cette mobilisation revêt une importance particulière pour les collectivités territoriales. Le recensement doit en effet contribuer à une meilleure connaissance de l’activité économique locale et, à terme, fournir des informations utiles à la mobilisation des recettes propres des communes et à la planification du développement local.
Dans son discours de lancement officiel, le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a présenté cette opération comme bien plus qu’une simple campagne de collecte statistique. « À compter de ce jour, la République de Guinée part à la rencontre de son économie », a-t-il déclaré, en évoquant le déploiement des équipes dans les villes, préfectures, sous-préfectures, quartiers et villages à la rencontre de celles et ceux qui produisent, transforment, transportent, commercialisent, innovent, investissent et créent des emplois.

Pour le Ministre Ismaël NABE, le RGE-1 doit permettre à la Guinée de passer d’une connaissance fondée sur des estimations, des perceptions et des informations fragmentées à une connaissance plus précise de son tissu économique. Combien d’entreprises existent dans le pays ? Où sont-elles implantées ? Dans quels secteurs évoluent-elles ? Quelle est leur taille ? Combien d’emplois génèrent-elles ? Quels sont leurs besoins, leurs potentialités et les obstacles qui entravent leur développement ? Autant de questions auxquelles le recensement doit apporter des réponses documentées.
Le Ministre NABE a surtout insisté sur la portée stratégique de ces données. Le RGE-1 doit fournir une photographie précise de l’appareil productif guinéen, mais également transformer cette photographie en véritable instrument de pilotage de l’économie nationale. Les résultats devront contribuer à éclairer les politiques publiques, identifier les secteurs à fort potentiel, orienter les investissements, améliorer l’accompagnement des petites et moyennes entreprises, mieux comprendre les réalités territoriales et cibler plus efficacement les financements.

S’adressant particulièrement aux agents mobilisés pour la collecte, il leur a rappelé la portée de leur mission. Plus de 1 000 femmes et hommes sont appelés à parcourir le territoire national pour porter cette opération jusque dans les différents recoins de l’économie guinéenne. Ils ne sont pas seulement chargés de remplir des questionnaires, mais appelés à devenir, selon le ministre, les « éclaireurs de la connaissance économique de la Guinée ». Rigueur, intégrité, respect, discrétion et professionnalisme devront guider leur travail. La qualité des résultats dépendra directement de la précision des informations recueillies. Car derrière chaque donnée se trouve une réalité économique et sociale : une entreprise, un entrepreneur, un emploi, une famille, une activité et une contribution au développement national.
Le Ministre Ismaël NABE a ainsi rappelé qu’une donnée erronée peut conduire à une mauvaise lecture, laquelle peut à son tour conduire à une mauvaise décision, avec des conséquences sur le développement d’un territoire ou d’un secteur.

Aux entrepreneurs et chefs d’entreprises, M. NABE a adressé un message de confiance et de mobilisation. Il les a invités à accueillir les agents recenseurs et à répondre avec sincérité et sérénité aux questions qui leur seront posées. Il a insisté sur le fait que la finalité du RGE-1 n’est pas de sanctionner, mais de connaître pour mieux accompagner. Être recensé, c’est ainsi, selon le ministre, « entrer dans la carte économique de la Guinée », afin que chaque entreprise puisse être prise en compte dans la connaissance globale de l’économie nationale.
Le lancement du RGE-1 intervient dans un contexte où la Guinée ambitionne d’accélérer la transformation structurelle de son économie à travers le programme Simandou 2040. Pour lui, une ambition de cette dimension exige une nouvelle culture de l’action publique, fondée sur la connaissance, les données et la planification intégrée.
Le recensement doit ainsi contribuer à mieux connaître l’appareil productif, ses potentialités, ses chaînes de valeur et sa capacité à générer durablement des emplois et de la richesse sur l’ensemble du territoire.

La donnée statistique est, dans cette perspective, appelée à devenir un véritable patrimoine stratégique permettant de connaître le présent, mesurer les progrès accomplis, anticiper les évolutions et construire des politiques publiques davantage en adéquation avec les réalités du pays.
Avec le lancement officiel de la collecte, la Guinée ouvre donc une séquence déterminante de son Premier Recensement général des entreprises. Durant deux mois, les équipes déployées sur le terrain auront la responsabilité de recueillir les informations qui permettront de dresser une cartographie plus précise du tissu économique national. La réussite de cette opération reposera sur une mobilisation collective : celle des agents recenseurs, des administrations territoriales, des départements ministériels, des organisations professionnelles, des chambres consulaires, des partenaires techniques et financiers, mais surtout des entreprises elles-mêmes. Au terme du processus, l’enjeu sera de transformer les données collectées en connaissances, les connaissances en décisions et les décisions en actions capables d’accompagner la transformation économique du pays.
À travers le RGE-1, la Guinée ne se contente donc pas de compter ses entreprises. Elle se donne les moyens de mieux comprendre son économie, de mieux planifier son développement et de mieux préparer son avenir.

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