Patrimoine : la Guinée et la France renforcent le dialogue autour des dernières demandes de restitution
Conakry, 9 septembre 2026 – Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a échangé ce mercredi avec l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, autour du processus de restitution à la Guinée de biens patrimoniaux liés à Samory Touré, ainsi que des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry et de ses compagnons. La rencontre a réuni plusieurs membres du cabinet du ministère ainsi que des représentants du Centre international de recherche et de documentation (CIRD), engagés dans les travaux scientifiques liés à ces demandes.
Au cours des échanges, la partie française a fait le point sur les deux procédures, qui relèvent de cadres juridiques distincts en France. La demande concernant les restes humains bénéficie d’un cadre juridique déjà en vigueur la loi-cadre de 2023 sur la restitution des restes humains appartenant aux collections publiques qui permet d’avancer sur leur retour. La demande portant sur les objets patrimoniaux relève, quant à elle, de la loi-cadre relative à la restitution des biens culturels ayant fait l’objet d’une appropriation illicite, adoptée définitivement par le Parlement et promulguée en mai 2026 ; sa mise en œuvre reste toutefois tributaire des textes d’application attendus, notamment le décret en Conseil d’État et l’installation des instances scientifiques prévues par la loi. L’ambassadeur a également indiqué que le Musée de l’Homme poursuit ses recherches afin de documenter précisément l’itinéraire d’entrée dans ses collections des restes humains provenant de la Guinée. Ces recherches pourraient permettre d’identifier d’autres dépouilles liées à des figures historiques guinéennes. Dans cette perspective, le ministre Moussa Moïse Sylla a marqué son ouverture à la poursuite des investigations, tout en souhaitant que toute nouvelle information soit d’abord examinée de manière rigoureuse avant d’éventuelles démarches officielles.
Présent à la rencontre, le Dr Alioune Bah, du CIRD, a présenté l’état d’avancement des travaux sur les restitutions, notamment à travers la mise en place de deux comités composés d’historiens, de sociologues, de juristes et d’autres experts. Le CIRD entend renforcer ces équipes par des sous-comités spécialisés et un comité scientifique international, tout en lançant une revue approfondie de la littérature sur le patrimoine et l’histoire de la Guinée, en collaboration avec les universités et les centres de documentation. Ces travaux visent à documenter les parcours historiques des figures concernées, à recenser les biens patrimoniaux conservés à l’étranger et à contribuer à l’élaboration d’un livre blanc, ainsi qu’à des opérations de numérisation et de documentation sur le terrain.
Enfin, pour le ministre Moussa Moïse Sylla, la démarche dépasse la seule question de la restitution. Elle participe à un processus de réappropriation de l’histoire nationale, de transmission de la mémoire aux générations futures et de restauration de la dignité de ces ancêtres. Il a souligné que cette initiative s’inscrit dans un esprit de partenariat, de dialogue et de justice historique, loin de toute logique de friction ou de rancœur.
À l’issue de la rencontre, le ministre Moussa Moïse Sylla et l’ambassadeur Luc Briard ont convenu de poursuivre les échanges afin de définir un calendrier cohérent des activités à mener avant, pendant et après le retour de ces biens patrimoniaux et des restes de ces ancêtres. Une communication concertée entre les parties guinéenne et française pourrait également accompagner cette démarche, avec l’objectif de garantir une meilleure compréhension du processus et de préserver son caractère scientifique, culturel et historique.



Source : MCAGUINEE



