Après plusieurs éditions organisées à Londres et au Togo, le WACAF pose pour la première fois ses valises en Guinée. Conakry accueille la cinquième édition du Forum Royaume-Uni–Afrique francophone de l’Ouest et du Centre (WACAF 5), les 20 et 21 octobre prochains. Un choix qui traduit, selon les organisateurs, la place grandissante du pays dans les dynamiques économiques et commerciales de l’Afrique de l’Ouest. Ce vendredi 18 septembre 2026, le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a officiellement lancé les activités de ce rendez-vous économique de portée internationale. Il avait à ses côtés le Ministre Directeur de cabinet de la Présidence, Djiba DIAKITE, le Ministre de l’Agriculture, Félix LAMAH, le Ministre de la Jeunesse, Béa DIALLO, l’Ambassadeur de la Grande-Bretagne en Guinée, SEM Daniel SHEPHERD, des représentants du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, ainsi que les représentants des entreprises partenaires du WACAF 5.


Prenant la parole, le représentant de DMA Invest, structure partenaire de l’organisation du WACAF, a mis en avant la trajectoire spectaculaire prise par le forum depuis sa création. Lancé en 2022 à l’initiative du gouvernement britannique afin de favoriser le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, le WACAF a progressivement élargi son périmètre et son ambition.

D’un rendez-vous initial réunissant six pays, le forum s’inscrit désormais dans une dynamique beaucoup plus large, avec la participation annoncée de nombreux pays de la région, mais également du Nigeria et de la Guinée équatoriale. Une expansion qui illustre, selon l’intervenant, la montée en puissance de cette plateforme consacrée au dialogue économique et aux opportunités d’affaires.
Le représentant de DMA a également souligné l’importance des capitaux mobilisés dans le cadre de cette dynamique, évoquant une progression considérable des investissements et des perspectives qui se rapprochent désormais de plusieurs milliards de livres sterling.
Cette montée en puissance fait du WACAF, selon lui, l’un des rendez-vous les plus significatifs de la coopération économique entre le Royaume-Uni et l’Afrique. Il s’est notamment réjoui de voir la Guinée accueillir cette cinquième édition, après avoir été retenue face à l’intérêt manifesté par plusieurs pays.

Pour lui, l’organisation du WACAF 5 à Conakry constitue une étape historique pour le pays. La capitale guinéenne devrait accueillir des délégations d’affaires venues du Royaume-Uni, d’Europe, d’Afrique, d’Amérique du Nord et d’autres régions du monde. Plus de 42 pays sont annoncés à travers des délégations d’affaires de haut niveau, confirmant la dimension internationale que les organisateurs souhaitent donner à cette édition.
Au-delà des rencontres institutionnelles, le représentant de DMA a insisté sur la vocation profondément économique du forum, avec l’ambition de favoriser la conclusion de nouveaux accords et la mobilisation de nouveaux investissements.
Prenant la parole à son tour, l’Ambassadeur de la Grande-Bretagne en Guinée a salué l’engagement du Gouvernement guinéen dans l’organisation de cette cinquième édition. Il a particulièrement rendu hommage au leadership du Premier ministre ainsi qu’à celui du ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, pour leur implication dans la préparation de l’événement.

L’Ambassadeur a également salué le rôle joué par les partenaires du WACAF, notamment DMA, dont il a souligné la vision, la persévérance et le professionnalisme dans la consolidation progressive du forum comme plateforme de référence du dialogue économique entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone. Pour le diplomate britannique, le choix de la Guinée n’est pas fortuit. Il témoigne de la place croissante du pays dans les réflexions économiques, commerciales et stratégiques qui façonnent l’avenir de la région. La Guinée, a-t-il expliqué, illustre pleinement la dynamique de transformation actuellement observée en Afrique de l’Ouest et dans l’Afrique centrale francophone.
Cette transformation concerne notamment les ressources naturelles, les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, les compétences, l’entrepreneuriat, l’industrialisation et l’intégration régionale. Dans cette perspective, le WACAF 5 doit servir de passerelle entre les ambitions de développement de la Guinée et les capacités des investisseurs, institutions financières, entreprises et partenaires internationaux susceptibles de contribuer à leur concrétisation. « Le développement ne se construit pas uniquement grâce aux ressources. Il se construit grâce aux partenariats », a résumé l’Ambassadeur, mettant ainsi en avant l’importance de la confiance et du dialogue entre gouvernements, investisseurs, banques, entreprises et partenaires au développement.

Le Royaume-Uni entend, dans ce cadre, poursuivre son accompagnement des ambitions africaines à travers ses entreprises, ses mécanismes de financement et ses partenaires, notamment UK Export Finance.
L’objectif affiché est de promouvoir l’investissement responsable, le transfert de compétences et de technologies et la construction de partenariats économiques fondés sur l’intérêt mutuel et le respect réciproque.
Lançant officiellement le WACAF 5, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a placé le WACAF 5 dans une perspective plus large : celle de la transformation structurelle des économies africaines. Il a rappelé que l’Afrique a longtemps été perçue à travers l’immensité de ses ressources, l’importance de son marché et le dynamisme de sa jeunesse. Mais, pour lui, la question fondamentale est désormais celle de la transformation de ce potentiel en valeur et en opportunités concrètes.

L’enjeu consiste à transformer les ressources en valeur ajoutée, les infrastructures en corridors économiques, les terres en chaînes agro-industrielles, l’énergie en capacité productive, la jeunesse en capital humain et les marchés en véritables espaces de création de richesse.
Surtout, insiste le Ministre NABE, il faut transformer les partenariats en résultats. C’est dans cette logique qu’il appelle à dépasser la coopération traditionnelle fondée uniquement sur les projets et les échanges pour entrer dans une nouvelle phase : celle de la coopération de transformation. La chaîne est clairement définie : passer de la promesse au financement, du financement à l’investissement, de l’investissement à la production, de la production à l’emploi et de l’emploi à une prospérité durable.
Pour la Guinée, cette orientation s’inscrit directement dans la dynamique engagée à travers le programme Simandou 2040, présenté par le Ministre Ismaël NABE comme un cadre stratégique destiné à faire des ressources naturelles un levier de diversification économique, d’industrialisation, de création de valeur et de prospérité pour les générations présentes et futures.
Dans cette perspective, le WACAF 5 ne doit pas être un simple forum de discussion. Le Ministre veut en faire un « espace de décision », un lieu où les acteurs viennent écouter, mais surtout rencontrer, négocier, signer, co-investir et co-construire. « L’Afrique n’a pas besoin d’une nouvelle déclaration d’intention. L’Afrique a besoin de projets concrets », a-t-il martelé, mettant en avant les besoins du continent en capitaux patients, technologies, expertise, infrastructures et capacités industrielles.
Le Ministre NABE a adressé un message particulier aux partenaires britanniques, soulignant la complémentarité entre les deux espaces économiques. D’un côté, le Royaume-Uni dispose d’une longue expérience dans les domaines de l’innovation, de la finance, de l’industrie, du commerce et de l’entrepreneuriat. De l’autre, l’Afrique dispose de ressources considérables, de marchés en expansion, d’une démographie dynamique et de vastes territoires présentant d’importantes opportunités de développement. L’enjeu consiste donc à connecter ces deux réalités : le capital britannique aux projets africains, l’expertise britannique aux besoins de transformation des économies africaines et les ambitions des deux parties autour d’un partenariat économique de long terme.
La présence annoncée d’investisseurs, d’institutions financières, d’entrepreneurs et de décideurs de plusieurs horizons devrait permettre de donner une traduction concrète à cette ambition.
Pour le Ministre Ismaël NABE, le véritable succès du WACAF 5 ne devra pas se mesurer uniquement au nombre de participants ou à l’ampleur des échanges pendant les deux jours du forum. Il devra surtout être apprécié à travers ce qui se passera après le forum : les investissements effectivement réalisés, les projets qui avancent, les entreprises qui se créent, les unités industrielles qui voient le jour, les emplois générés et les chaînes de valeur qui se structurent.
La Guinée invite ainsi les investisseurs et partenaires à venir à Conakry avec leurs idées, leurs capitaux, leurs technologies et leurs expertises, mais surtout avec la volonté de co-construire. Pour elle, l’accueil de cette édition représente à la fois une reconnaissance de sa place croissante dans les dynamiques économiques régionales et une opportunité de mettre en valeur les perspectives ouvertes par sa transformation économique. Pour le Royaume-Uni et les partenaires du forum, Conakry offre un cadre destiné à rapprocher capitaux, projets, expertise, technologies et opportunités.
Les 20 et 21 octobre prochains, la capitale guinéenne sera ainsi appelée à accueillir un dialogue qui se veut résolument tourné vers l’action. De la coopération à la transformation, de la transformation à la création de valeur, et de la création de valeur à la prospérité partagée : tel est le cap affiché pour cette cinquième édition du WACAF. Avec cette rencontre, la Guinée entend faire de Conakry non pas seulement le lieu d’un rendez-vous international supplémentaire, mais un espace où les ambitions africaines peuvent se traduire en projets, en investissements, en emplois et en partenariats durables.

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