Mesdames et Messieurs les représentants des départements ministériels et institutions partenaires,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la société civile,
Monsieur le Consultant,
Mesdames et Messieurs les cadres du MENA-ETFP,
Distingués participants,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec un réel plaisir que je préside, ce matin, au nom de Madame la Ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, l’ouverture de cet atelier de cadrage consacré à l’élaboration du Programme national de mise en œuvre de la Politique nationale de l’alimentation scolaire.
Je voudrais, tout d’abord, souhaiter à chacune et à chacun la bienvenue et remercier le Programme alimentaire mondial pour son accompagnement constant aux côtés du Gouvernement guinéen, saluer également la présence et la disponibilité de l’ensemble des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des collectivités, des représentants de la société civile et des autres acteurs appelés à contribuer à cette réflexion.
La tenue de cet atelier intervient à la suite de la rencontre de travail que Madame la Ministre a eue, le lundi 24 août dernier, avec le Programme alimentaire mondial et le Consultant. Cette rencontre a permis de préciser les ambitions du Gouvernement et de formuler des orientations dont plusieurs sont déjà prises en compte dans les termes de référence qui nous réunissent aujourd’hui.
Mesdames et Messieurs,
L’alimentation scolaire ne constitue pas seulement une intervention sociale destinée à fournir un repas aux enfants. Elle est, à la fois, un instrument d’accès et de maintien à l’école, un levier d’amélioration des apprentissages, un moyen de lutte contre les inégalités et un investissement stratégique dans le développement du capital humain.
Elle peut également devenir un puissant outil de transformation économique locale, à condition d’être articulée à la production agricole, à l’élevage, à la transformation des produits, à la formation professionnelle, aux circuits d’approvisionnement locaux et à la participation des communautés.
Malgré les efforts déjà accomplis par l’État et ses partenaires, la couverture des cantines scolaires demeure limitée, particulièrement dans les zones rurales où elle est estimée à environ 14 %. L’ambition d’atteindre progressivement une couverture beaucoup plus large, avec pour horizon la couverture intégrale des zones rurales à l’échéance 2040, exige donc un changement d’échelle, mais aussi un changement de méthode.
Il ne s’agit plus seulement de multiplier les interventions ponctuelles. Il nous faut bâtir un programme national cohérent, soutenable, équitable et mesurable, fondé sur une vision de souveraineté alimentaire scolaire et sur une responsabilisation progressive de l’ensemble des acteurs nationaux.
C’est précisément l’enjeu du travail engagé : doter notre pays d’un programme opérationnel, chiffré et multisectoriel, assorti d’un cadre institutionnel clair, d’un dispositif de financement durable, d’un système de suivi-évaluation performant et de mécanismes transparents de reddition des comptes.
Madame la Ministre souhaite attacher une importance particulière à plusieurs orientations qui devront structurer nos travaux.
Premièrement, le programme devra examiner les conditions d’une inclusion progressive du préscolaire. Étendre la base des bénéficiaires aux enfants du préscolaire répond à un impératif d’équité et de prévention. La petite enfance constitue une période décisive pour le développement physique, cognitif et affectif. L’accès à une alimentation saine et équilibrée dès ce niveau peut contribuer à réduire les vulnérabilités, à favoriser la fréquentation des structures préscolaires et à préparer de meilleures conditions d’apprentissage.
Cette extension devra naturellement être planifiée de manière réaliste, sur la base des besoins, des capacités disponibles et des ressources mobilisables.
Deuxièmement, le programme devra explorer le potentiel de l’aviculture dans l’enrichissement des menus scolaires. La production locale d’œufs et, lorsque les conditions le permettent, de viande de volaille peut contribuer à améliorer l’apport en protéines des repas servis aux enfants. Elle peut également soutenir les producteurs locaux, créer des activités génératrices de revenus et offrir des situations concrètes d’apprentissage aux établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle.
Il conviendra toutefois d’en apprécier rigoureusement la faisabilité sanitaire, économique et logistique, ainsi que les conditions de pérennisation.
Troisièmement, Madame la Ministre souhaite que soient expérimentés des jardins scolaires à vocation pédagogique et nutritionnelle. Ces jardins ne doivent pas être considérés comme un substitut au financement régulier des cantines. Ils doivent plutôt constituer des espaces d’apprentissage, de sensibilisation à la nutrition, de responsabilisation environnementale et d’expérimentation de pratiques agricoles adaptées aux réalités locales.
Distingués participants,
Le modèle envisagé devra également valoriser la complémentarité entre les établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle, les producteurs agricoles, les éleveurs, les transformateurs, les fournisseurs locaux et les écoles bénéficiaires.
Nos établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle peuvent contribuer, selon leurs spécialités et leurs capacités, à la production, à la transformation, au stockage, à la maintenance des équipements, à la formation des acteurs et au développement de solutions adaptées aux réalités locales.
Cette articulation devra toutefois être précédée d’un diagnostic rigoureux des capacités disponibles. Elle devra reposer sur des mécanismes contractuels transparents, des normes de qualité et d’hygiène, des prix équitables, une régularité des approvisionnements et une claire séparation entre les fonctions pédagogiques, productives, commerciales et de contrôle.
Le financement constitue naturellement un autre enjeu majeur. Le Programme national devra définir une trajectoire budgétaire crédible, reposant d’abord sur un engagement progressif de l’État, complété par les contributions des partenaires techniques et financiers, des collectivités, du secteur privé — notamment des entreprises minières au titre de leur responsabilité sociétale —, de la diaspora et, selon des modalités équitables, des communautés.
La diversification des financements ne devra cependant ni diluer la responsabilité de l’État ni créer des mécanismes parallèles difficiles à coordonner. Elle devra s’inscrire dans un cadre national unique, transparent et prévisible.
Mesdames et Messieurs,
La réussite de cet atelier sera appréciée à l’aune de la précision des choix qui en sortiront. Nous devons notamment parvenir à une compréhension partagée :
des bénéficiaires prioritaires pour la période 2027-2031 ;
des critères de ciblage des établissements et des territoires ;
de l’architecture institutionnelle et des responsabilités ;
des modalités opérationnelles de mise en œuvre ;
des principales activités du programme ;
des mécanismes d’approvisionnement et de contrôle ;
des conditions d’implication des communautés et de rémunération des acteurs de proximité ;
ainsi que des prochaines étapes de la mission.
Je vous invite donc à conduire les échanges avec franchise, méthode et sens des responsabilités. Nos propositions devront être ambitieuses, mais également réalistes. Elles devront partir des besoins des enfants, tenir compte des capacités nationales et locales, tirer les leçons des expériences antérieures et prévoir, dès la conception, les conditions du passage à l’échelle.
Au terme de ce processus, le Gouvernement attend un programme qui soit non seulement techniquement solide, mais surtout applicable : un programme doté d’un calendrier précis, d’un budget soutenable, d’une matrice claire des responsabilités et des risques, de procédures opérationnelles, d’un mécanisme de financement et d’indicateurs permettant de mesurer effectivement les progrès accomplis.
Je voudrais, pour terminer, renouveler les remerciements de Madame la Ministre au Programme alimentaire mondial, au Consultant, aux administrations partenaires, aux collectivités, à la société civile et à tous les participants.
Je souhaite plein succès à nos travaux et déclare ouvert l’atelier de cadrage du Programme national de mise en œuvre de la Politique nationale de l’alimentation scolaire.
Je vous remercie.
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