Conakry, le 11 août 2026-Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury BAH, a reçu les 26 lauréats des concours d’entrée dans plusieurs grandes écoles africaines de statistique et d’économie. Ils ont été introduits par le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, accompagné de la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Djami DIALLO. Cette rencontre a été l’occasion de saluer l’excellence de ces jeunes Guinéens et de réaffirmer l’engagement du Gouvernement en faveur du développement du capital humain, de la maîtrise des données statistiques et du renforcement des capacités nationales.

À travers cette audience, le Gouvernement entend donner une portée particulière à la réussite des lauréats de l’Institut national de la statistique (INS). Au-delà du succès à un concours, leur admission dans des établissements africains de référence constitue, selon les différents intervenants, une responsabilité nouvelle : celle de contribuer demain à la conception, à la planification et au pilotage des politiques publiques de la Guinée.
Sur les 26 lauréats, figurent 20 garçons et 6 jeunes filles, une représentation qui traduit également la volonté de promouvoir l’accès des jeunes femmes aux filières d’excellence et aux responsabilités liées à la transformation du pays.
Pour le Ministre Ismaël NABE, l’enjeu dépasse largement la réussite à un concours. Il s’agit de préparer des compétences capables de prendre part à la construction de la Guinée de demain. Cette orientation s’inscrit directement dans la vision de transformation portée par le Président de la République, notamment à travers Simandou 2040. Le programme, souligne le ministre, ne saurait être réduit aux seules infrastructures, à l’industrialisation ou à la croissance économique. Il doit également être compris comme un vaste projet de transformation du capital humain.
Dans cette architecture, les statisticiens et les démographes occupent une position stratégique. Car, dans une économie où la donnée est devenue un actif majeur, il n’est plus possible de planifier efficacement sans connaître, de décider sans mesurer et d’évaluer une politique publique sans disposer de données fiables. La connaissance précise de la population, des territoires, des besoins, des vulnérabilités et des potentialités devient ainsi une condition essentielle de l’efficacité de l’action publique.
Les 26 lauréats sont appelés à devenir de véritables « architectes de la décision publique ». Leur formation devra ainsi répondre à des besoins très concrets : mesurer les transformations du pays, identifier les inégalités, comprendre les dynamiques démographiques, anticiper les besoins en écoles, en hôpitaux, en logements, en emplois et en infrastructures, mais également mesurer l’impact des investissements et évaluer l’efficacité des politiques publiques.
Les 26 lauréats ont été orientés dans trois institutions africaines de référence. La répartition se présente comme suit :
– 16 lauréats au cycle d’Ingénieur Statisticien Économiste ;
– 2 au cycle long d’Ingénieur Statisticien Économiste ;
– 7 au cycle d’Analyste Statisticien ;
– 1 au cycle de Démographe.
Ils poursuivront leur formation dans trois établissements africains d’excellence : 15 à l’École Nationale Supérieure de Statistique et d’Économie Appliquée d’Abidjan, 4 à l’École Nationale de la Statistique et de l’Analyse Économique Pierre Ndiaye de Dakar et 7 à l’Institut Sous-régional de Statistique et d’Économie Appliquée de Yaoundé.
Un objectif de 150 statisticiens et démographes en cinq ans
Le Ministre Ismaël NABE a rappelé que l’envoi de ces 26 jeunes talents ne constitue donc qu’une première étape. Conformément à la vision du Chef de l’État, le Gouvernement, à travers le Ministère du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, ambitionne de former au moins 150 statisticiens et démographes au cours des cinq prochaines années. L’objectif est clair : constituer progressivement un pool national de compétences capable de renforcer durablement le Système National de la Statistique, d’améliorer la qualité des politiques publiques, d’optimiser la planification des investissements et de mieux cibler les interventions sociales.
Cette stratégie vise également à doter la Guinée de ressources humaines nationales capables d’accompagner, avec expertise et autonomie, la transformation portée par Programme Simandou 2040.
Autrement dit, le pays entend faire de la formation des compétences statistiques et démographiques un investissement stratégique au même titre que les infrastructures et les équipements.
Il a salué l’accompagnement de la Banque mondiale, à travers le Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), dont la prise en charge de la formation des 26 lauréats constitue un appui majeur. Car, cet accompagnement dépasse la seule dimension financière. Il s’agit d’un investissement dans la capacité de la Guinée à mieux se connaître, mieux se planifier et, à terme, mieux se transformer.
Six jeunes filles, un symbole fort pour l’égalité des chances
Une attention particulière a également été accordée aux six jeunes filles de cette promotion. Leur réussite, selon le ministre, constitue un signal fort en faveur de l’égalité des chances et de l’accès des jeunes femmes aux filières de haut niveau. « L’excellence n’a pas de genre », rappelle en substance le ministre, qui voit dans ces six lauréates des modèles susceptibles d’encourager d’autres jeunes filles guinéennes à oser les concours, la réussite et les responsabilités dans la construction nationale.
Prodiguant des conseils, le Premier ministre Amadou Oury BAH a placé la statistique au cœur des enjeux de gouvernance et de développement. Pour lui, un État qui veut planifier efficacement son avenir doit d’abord disposer de données fiables sur sa population, son économie et ses réalités sociales. La statistique apparaît ainsi comme un outil stratégique de l’action publique, indispensable à la connaissance du pays et à l’élaboration des politiques de développement.
Le Chef du Gouvernement a encouragé les lauréats à considérer leur formation comme une opportunité, mais aussi comme une responsabilité envers la Nation. Qu’ils choisissent les filières statistiques, économiques ou d’autres domaines stratégiques, ces jeunes appartiennent, selon lui, à une nouvelle génération de compétences dont la Guinée a besoin pour accompagner son ambition de transformation.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de créer une masse critique de cadres hautement qualifiés, capables de travailler collectivement à la transformation du pays. Cette orientation répond à un enjeu majeur : former des compétences de haut niveau, mais également créer les conditions permettant à ces compétences de revenir et de contribuer durablement au développement national.
Former à l’étranger, servir la Guinée
Les lauréats appelés à poursuivre leurs études dans les grandes écoles africaines sont invités à inscrire leur parcours dans une perspective de retour et de contribution au développement de la Guinée. S’adressant directement aux 26 lauréats, le Ministre Ismaël NABE les a exhortés à aborder leur nouvelle étape avec ambition, humilité et discipline, tout en gardant la Guinée au cœur de leur parcours.
Leur formation doit permettre au pays de disposer progressivement d’un vivier de cadres capables de répondre aux exigences croissantes de la planification moderne, de la statistique publique et de la gestion des politiques de développement.
Une conviction résumée par le ministre dans une formule forte : investir aujourd’hui dans un statisticien, c’est contribuer à améliorer demain des milliers de décisions publiques.
À leur retour, le Gouvernement attend d’eux non seulement des diplômes, mais surtout des idées, de l’expertise, de l’engagement et des résultats. Ils auront vocation à devenir les gardiens de la qualité de la décision publique guinéenne.

Cette audience avec le Premier ministre marque ainsi une étape symbolique dans la construction d’une nouvelle génération de cadres guinéens, formés dans les meilleures institutions africaines et appelés, demain, à mettre leur expertise au service de la transformation économique et sociale du pays.
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