Conakry, le 6 octobre 2026 — Le Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, à travers la Direction nationale des Organisations internationales, a organisé ce mardi, l’atelier technique d’actualisation et de validation des outils de collecte des données du Cadre de Ressources à Moyen Terme (CRMT) 2024-2029.

Réunissant les représentants du Gouvernement, des ministères sectoriels, du Système des Nations Unies et du PNUD, des partenaires techniques et financiers ainsi que les cadres impliqués dans le processus, cette rencontre traduit la volonté du département de disposer d’une information fiable, harmonisée et régulièrement actualisée sur les ressources extérieures mobilisées au profit du développement national.
La cérémonie d’ouverture a été présidée au nom du Ministre Ismaël NABE, par le Secrétaire général, l’Ambassadeur Kabèlè SOUMAH, qui a placé les travaux dans une perspective beaucoup plus large que la simple actualisation d’un outil statistique. Il a rappelé que le CRMT doit être compris comme un processus intégré et continu, et non comme un simple questionnaire ponctuellement renseigné. « Le CRMT est un processus intégré », a-t-il souligné, en expliquant que la chaîne commence par la collecte des données auprès des partenaires, se poursuit par leur consolidation dans le CRMT et leur intégration à la plateforme ptf.gov.gn, avant d’alimenter le Budget Programme, le Cadre Budgétaire à Moyen Terme (CBMT) et le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT). Ces informations doivent également contribuer au pilotage de la mise en œuvre du Programme Simandou 2040.
Cette vision confère au CRMT une dimension stratégique dans l’architecture de planification publique. Pour le Gouvernement, la qualité des décisions dépend en effet de la qualité des données disponibles. Une donnée incomplète ou non harmonisée peut entraîner une mauvaise appréciation des besoins, des financements et des priorités.
Le processus de mise en place du dispositif a connu plusieurs étapes. Après une première expérimentation menée en 2024 dans la région de Kindia, une retraite organisée à Coyah en juin 2025 avait permis d’élaborer et de valider, avec les acteurs sectoriels et les partenaires, les premiers outils de collecte destinés à constituer le dispositif national.
Le premier exercice national de collecte a ensuite permis de solliciter 189 partenaires identifiés, dont 122 actifs. Les données recueillies ont été vérifiées, dédoublonnées et consolidées, aboutissant à un premier rapport national du CRMT. Pour la première fois, la Guinée disposait ainsi d’une vision consolidée de l’appui extérieur, avec plus de 188 projets recensés pour un cumul dépassant 8 489 milliards de francs guinéens. Ce rapport a été validé lors de l’atelier de décembre 2025 avant sa finalisation en 2026.
Ces premiers résultats ont également permis d’identifier plusieurs insuffisances, notamment l’irrégularité dans la transmission des données, l’absence de standardisation de certains formats et la difficulté rencontrée avec certains partenaires pour répondre aux sollicitations.
C’est précisément pour tirer les leçons de ce premier cycle et renforcer durablement le dispositif que l’atelier du 6 octobre a été organisé.
Le Secrétaire général a identifié trois raisons majeures justifiant l’actualisation des outils. La première est celle de la fiabilité des données. Des informations complètes, harmonisées et comparables sont indispensables pour permettre aux pouvoirs publics de mieux identifier les secteurs et les régions bénéficiant d’un appui, mais aussi les éventuels doublons ou les domaines insuffisamment financés.

La deuxième exigence est celle de la transparence. Les données transmises par les partenaires ne doivent pas rester confinées dans les circuits administratifs. Elles alimentent la plateforme ptf.gov.gn, conçue comme un guichet unique de l’information sur l’appui extérieur en Guinée, accessible aux décideurs, aux partenaires, à la société civile et aux citoyens. Le dispositif s’inscrit ainsi dans une logique de redevabilité mutuelle, dans laquelle l’État rend compte de l’utilisation des ressources tandis que les partenaires rendent visibles leurs contributions.
La troisième exigence, présentée comme l’enjeu majeur de la nouvelle étape, concerne l’intégration des ressources extérieures au Budget Programme. Dans le cadre des réformes engagées par le Gouvernement en faveur d’une gestion publique axée sur les résultats, les financements extérieurs ne peuvent plus être considérés comme des ressources évoluant en marge de la programmation budgétaire nationale.
Ils doivent désormais être mieux connus, prévus et rattachés aux priorités sectorielles dès la programmation. « Le CRMT et le Budget Programme ne sont pas deux exercices parallèles », a rappelé M. SOUMAH, mais « deux faces d’une même exigence » : assurer la cohérence entre les ressources mobilisées, les priorités planifiées et les réalisations attendues.
À la clôture des travaux, le Directeur national des Organisations internationales, Alphadjo Idriss HANN, a dressé le bilan de la journée et salué la participation active des différents acteurs.

Les travaux ont notamment porté sur trois outils : le nouvel outil de collecte, le fichier Excel amélioré et l’outil KoboCollect. Les échanges ont permis de clarifier la distinction entre projet et programme, de valider les calculs automatiques et de renforcer les contrôles de cohérence.
À l’issue des discussions, les participants disposent désormais d’outils harmonisés destinés à alimenter une base de données commune sur la plateforme ptf.gov.gn.
Pour M. HANN, l’enjeu dépasse toutefois la validation technique. « Le plus dur commence maintenant », a-t-il relevé, rappelant qu’un outil ne peut produire des résultats que s’il est porté et régulièrement renseigné par les équipes qui en ont la responsabilité.
La collecte des données auprès des partenaires est prévue du 15 octobre au 20 décembre 2026. Elle sera suivie d’une première validation technique en janvier 2027, de l’élaboration du rapport national en février, d’un atelier de revue en mars, puis de la validation et de la publication du CRMT 2026 en avril 2027.
Les institutions participantes sont également invitées à désigner leur point focal technique, qui constituera l’interface directe avec la Task Force CRMT afin de faciliter les échanges et l’accompagnement sur le terrain.
Le renforcement des capacités constitue également une priorité. Avec l’appui du PNUD, des sessions de formation seront organisées au profit des cadres et des ministères sectoriels sur le contrôle qualité, l’analyse des données et l’utilisation de la plateforme.
- Alphadjo Idriss HANN a renouvelé l’appel aux partenaires techniques et financiers à accompagner le processus, notamment pour la collecte sur le terrain, les ateliers de revue et la maintenance des outils numériques. « Investir dans le CRMT », a-t-il rappelé, c’est investir dans « la visibilité » de l’appui extérieur, dans sa coordination et dans la qualité de la planification nationale.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans le contexte des réformes engagées par la Guinée et dans la perspective de Simandou 2040, qui impose une meilleure articulation entre les ressources disponibles, les politiques publiques et les résultats attendus.
En définitive, l’atelier du 6 octobre 2026 aura permis de poser les bases techniques et institutionnelles d’un nouveau cycle de collecte plus fiable, plus harmonisé et davantage intégré à la planification budgétaire. La prochaine échéance est désormais fixée : le démarrage effectif de la collecte le 15 octobre 2026.
À travers le CRMT, le Gouvernement entend ainsi disposer d’un véritable instrument de visibilité, de coordination et de pilotage de l’aide extérieure, au service d’une coopération internationale mieux alignée sur les ambitions de développement de la Guinée.
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