Conakry, le 12 août 2026—Le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a accordé une audience à une délégation du Partenariat de Ouagadougou, conduite par Mme Marie BA, Directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), accompagnée notamment de Dr Dieney Fadima KABA, Directrice nationale de la Santé familiale et de la Nutrition au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, venue échanger sur les préparatifs de la la prochaine Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO 2026), prévue à Conakry du 1er au 3 décembre 2026 et sur le renforcement de la collaboration autour de la planification familiale en Guinée.

Cette rencontre a permis de mettre en lumière l’importance stratégique de la planification familiale dans les politiques de développement, mais également la nécessité d’une mobilisation multisectorielle et d’un engagement accru des partenaires techniques et financiers.
Prenant la parole au nom de la délégation, Mme Marie BA a d’abord exprimé sa gratitude au ministre pour cette audience, avant de rappeler la vocation de cette initiative qui regroupe neuf pays d’Afrique de l’Ouest francophone, dont la Guinée.

Créé pour repositionner la planification familiale comme un véritable levier de développement, le Partenariat de Ouagadougou accompagne depuis 2011 les pays membres dans leurs efforts visant à améliorer l’accès à la contraception et à renforcer la santé reproductive. Selon la responsable, les progrès enregistrés par la Guinée dans plusieurs indicateurs ont contribué à son choix, de manière consensuelle, pour accueillir la prochaine réunion annuelle du partenariat. « Nous avons pensé qu’il était important de pouvoir magnifier le travail qui était fait au niveau de la Guinée », a-t-elle expliqué, soulignant la nécessité d’associer à cette dynamique, au-delà du ministère de la Santé, les départements en charge du Plan et des Finances, compte tenu du caractère transversal de la planification familiale.
Pour Mme BA, cette problématique ne saurait en effet être appréhendée sous le seul angle sanitaire. Elle est étroitement liée à l’éducation, à l’eau et à l’assainissement, aux conditions socioéconomiques, à l’autonomisation des femmes et, plus largement, à la capacité des États à construire un développement inclusif et durable.

La réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou, prévue en Guinée du 1er au 3 décembre, devrait ainsi réunir les représentants des neuf pays membres, les partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs acteurs nationaux. Elle constituera une opportunité de valoriser les acquis de la Guinée, de partager les expériences sous-régionales et de renforcer la mobilisation des ressources en faveur de la planification familiale et de la santé de la mère et de l’enfant.

La Directrice de l’Unité de coordination a également relevé le contexte de raréfaction des financements internationaux, qui rend nécessaire une mobilisation accrue des ressources domestiques et une meilleure prise en compte de la planification familiale dans les budgets et documents nationaux de développement.
En réponse, le Ministre Ismaël NABE a réaffirmé la disponibilité de son département à accompagner le Partenariat de Ouagadougou dans la préparation et la réussite de cette importante rencontre.

Pour lui, la planification familiale doit être appréhendée à partir d’un élément fondamental : la donnée. Il a notamment rappelé l’importance des résultats du Recensement général de la population et de l’habitation ainsi que des différentes opérations statistiques conduites par l’Institut national de la statistique pour mieux comprendre les dynamiques démographiques et sociales du pays.
Ces données, a-t-il souligné, constituent des outils essentiels pour éclairer les choix publics et assurer une planification adaptée aux réalités de la population guinéenne.

Il a également évoqué la collaboration avec le ministère de la Santé autour de la production et de la valorisation des données sanitaires, notamment dans le cadre des travaux récents visant à disposer de statistiques plus fiables pour orienter les politiques publiques. « La planification familiale, c’est le développement », a martelé le ministre, établissant un lien direct entre la maîtrise des dynamiques démographiques, l’amélioration de la santé maternelle et infantile et les perspectives de développement économique et social.
Cette vision trouve, selon lui, une traduction concrète dans le Programme Simandou 2040, programme stratégique de développement de la Guinée, dont le pilier consacré à la santé et au bien-être occupe une place centrale. Car, au-delà des investissements dans l’agriculture, les infrastructures, l’éducation ou l’économie, le développement demeure tributaire de la qualité du capital humain et de l’état de santé de la population.

Dans cette perspective, le Ministre NABE a indiqué que les investissements prévus dans le secteur de la santé et du bien-être au cours des prochaines années devront contribuer à renforcer l’offre sanitaire, à développer les infrastructures, à former davantage de professionnels de santé et à améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Il a également fait part de la volonté du ministère du Plan de travailler étroitement avec le ministère de la Santé et les partenaires au développement, notamment l’UNFPA, afin de donner une dimension plus forte à la planification familiale dans les politiques publiques nationales.
Au-delà de l’organisation matérielle de la réunion annuelle, l’audience a surtout permis de poser les bases d’une synergie institutionnelle renforcée autour de la planification familiale.
Le ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement entend ainsi mettre à profit ses leviers en matière de planification et de coopération internationale pour faciliter la mobilisation des partenaires techniques et financiers et contribuer à faire de la rencontre de Conakry un espace de dialogue stratégique sur la santé reproductive, la santé maternelle et infantile et le développement.
Dans cette dynamique, la prochaine réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou devrait également permettre de mettre en valeur les expériences et les progrès enregistrés en Guinée, tout en favorisant l’apprentissage mutuel entre les pays membres.
L’enjeu est donc double : consolider les acquis nationaux et mobiliser davantage de ressources pour accélérer les progrès.

Cette audience traduit, en définitive, la volonté de la Guinée de placer la planification familiale au cœur de sa réflexion sur le développement. En articulant données statistiques, planification nationale, coopération internationale et investissements dans la santé, le pays entend faire de la santé et du bien-être des populations un socle essentiel de son ambition de transformation et d’émergence.
Service com



